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par Solon

La tentation constitutionnelle, ou mieux vaut tourner sept fois sa langue…

12:40 dans Non classé par Solon

Même s’il n’y est pas favorable au sein de son parti, le président de la République n’a sans doute pas l’intention de déposer un projet de loi pour interdire la tenue d’élections primaires au sein des partis, en amont des tours officiels. Après le succès de la primaire socialiste, on imagine les dégâts dans l’opinion !

Il faut donc chercher ailleurs… Si l’on ne met pas la pratique en conformité avec le droit, on peut envisager de mettre le droit en conformité avec la pratique.

La Constitution prévoit que « Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour ». Ce texte a vieilli : les sages qui entouraient de Gaulle avaient envisagé qu’au second tour, un candidat éventuellement mieux placé pourrait se désister au profit du suivant pour assurer la victoire de leur camp commun ! Aimable candeur… Maintenant qu’il apparaît que les primaires peuvent se tenir démocratiquement et avec succès au sein des partis politiques – dont la Constitution reconnaît qu’ils « concourent à l’expression du suffrage » – on pourrait envisager de passer directement au second tour.

Voilà qui créerait, au moins pour 2012, une incertitude plus grande encore que celle dans laquelle nous sommes : un parti extrême pourrait l’emporter sans avertissement sur le parti modéré de son camp – pour autant qu’un parti extrême et un parti modéré puissent appartenir au même camp. Il n’y aurait pas de repêchage à une situation où Mme Le Pen passerait devant cinq ou six autres candidats modérés mais divisés, même d’une voix, alors que le système à deux tours permet comme on l’a vu en 2002 de rassembler entre les deux tours une majorité modérée susceptible de battre un candidat extrémiste.

Ajoutons que le grand enthousiasme pour les primaires qu’on enregistre aujourd’hui pourrait retomber. Comme on l’a rappelé dans une chronique récente, à Rome, la gauche italienne a d’abord bien mobilisé son électorat avec les premières primaires, puis l’intérêt des sympathisants s’est émoussé à mesure que les militants contrôlaient mieux les candidatures, le processus et le résultat. Chez nous, il est possible que les conditions du succès de Mme Eva Joly sur son adversaire si médiatique dissuade plus d’un sympathisant de se mêler de ces petits jeux du côté des Verts.

Résumons-nous. Il n’est pas question d’interdire les primaires dans les partis à qui ce mode de désignation convient. Il n’est pas urgent de modifier la Constitution pour organiser un scrutin présidentiel à un tour.

Mais alors, pourquoi le président de la République a-t-il cru bon de rappeler que la Constitution prévoit que le scrutin présidentiel comprend deux tours et pas quatre ?

Retrouvez l’article de Solon directement sur son blog en cliquant ici.

Je ne voudrais pas être à ta place, Hervé

16:31 dans Non classé par Modérateur

Hervé Morin fut bras droit de François Bayrou à la création du MODEM. Puis, il se démarque du président du mouvement démocrate lorsque ce dernier explique qu’il n’appellera pas à voter Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007. Hervé Morin y voit alors une forme de traitrise aux valeurs  du Centre-droit.

Lui emboîtant le pas, comme lui, beaucoup de parlementaires UDF historiques refusent d’envisager ce scénario. Soit par conviction politique, soit parce qu’ils ont peur de perdre « leur job » de députés, de sénateurs ou de conseiller régional.  Car le problème du Centre est qu’il a toujours été tracté par la majorité RPR ou UMP en place.

Comme ce fut très longtemps le cas au Parti Communiste, au premier tour on présente un candidat et au deuxième tour on reste  solidaire du grand parti frère et on appelle à voter pour son candidat.

Mais cette fois-ci, le président du jeune mouvement démocrate a décidé qu’il en serait autrement. Bayrou refuse toute allégeance avec l’UMP et Nicolas Sarkozy. Certains disent que c’est par choix idéologique.

Pour avoir été très prêt du mouvement démocrate à cette époque, disons que François Bayrou mise dès 2007, sur la défaite de Sarkozy en 2012 et une implosion du PS entre temps. Il est persuadé que le Parti Socialiste  ne se relèvera jamais de cette défaite présidentielle, des ses dissensions sur l’économie de marché,  ainsi que de ses querelles internes qui finiront par l’achever.

C’est un pari risqué, mais Bayrou est persuadé de son destin. Il a rendez-vous avec la France et les français.

La constitution d’un Mouvement démocrate indépendant à Villepinte est un mal nécessaire. Bayrou est un solitaire qui déteste jusqu’à la formation de son propre parti. L’avenir montrera qu’il fera toujours cavalier seul et qu’il préférera la bonne poignée de main d’un quidam rencontré au zinc d’un café, plutôt que les mains tendus et la ferveur des groupies militantes (mais c’est une autre histoire)..

A cette époque, lors de tous ses meetings, il évoque de Gaulle et sa traversée du désert. Il construit un story-telling à son image. Il parle déjà de dette et est le premier à parler de la « Règle d’Or » sur les déficits publics.

Pour remerciement, Sarkozy offre alors un boulevard à Morin, en l’aidant à constituer un nouveau parti, le Nouveau Centre qui devra contenir les velléités de François Bayrou et ramener au bercail le plus de Centristes possible dans « la famille de droite ».

Le futur Chef de l’Etat est convaincu que sa victoire passe par un Centre éclaté. Il faut à tout prix récupérer la plupart des élus UDF, quitte à aller les chercher un par un, avec les dents.

Même si de nombreux parlementaire sont convaincus par la nécessité de rester fidèle à la famille (de droite), certains subiront quelques intimidations et finiront par quitter d’eux-mêmes le navire Bayrouïste. Tout ceci n’est pas nouveau en politique.

En récompense, Nicolas offre à Hervé Morin le ministère régalien de la Défense.  Ce poste ministériel prestigieux, donne de la visibilité à ce jeune député inconnu du grand public. Dans la foulée, le voici à la tête d’un groupe parlementaire important. Il aura des sénateurs, des Maires, de Conseillers Généraux et Régionaux qui le rejoindront.

Toute cette force politique, créée en un temps record va peser sur la vie publique régionale, départementale et nationale. Charge à tous ces cadres, de bien gérer leurs administrés, de se faire un nom pour les moins connus, afin de s’installer dans cette nouvelle formation et transformer l’essai à la faveur des élections futures.

Aujourd’hui, ironie du sort, Hervé Morin veut être candidat à l’élection présidentielle de 2012. Il s’appuie sur l’idée qu’une formation comme la sienne se doit, à l’instar de l’UDF naguère, de présenter son candidat. Bob à jeter l’éponge en direct sur TF1. Il a donc tout loisir d’envisager avec sérénité la future étape de sa carrière politique.

Hervé Morin est issu d’un milieu aisé de province. Il est resté jeune, dynamique, simple et se rêve un peu le JF Kennedy de la politique française. C’est un démocrate au sens américain du terme. Mais pas plus. Ses valeurs restent à droite tant qu’elles sont traditionnelles au sens économique du terme. Sur le volet social et sociétal, il est assez libéral.

Mais il doit tout à Nicolas Sarkozy. Il a été l’un de ses membres les plus en vu, a soutenu et approuvé toutes ses actions.

N’ayant plus grand-chose à attendre côté UMP, il fait face à un dilemme majeur : s’il poursuit dans sa démarche, il risque d’être comptable d’un échec envisageable du Chef de l’Etat à sa réélection.On va donc l’attaquer sur ce front en le soupçonnant de vouloir couper la main qui l’a nourrie.

Bernard Debré le rappelle à la raison sur son blog. C’est violent et tout le monde peut lire cette lettre. Au moins, l’intimidation est réalisée en « plein jour ».

Il lui demande de ne pas se présenter pour  l’intérêt général de la majorité, pour l’amitié qu’il lui porte..

Vraiment, je ne voudrais pas être à ta place Hervé !

Contribution du conseil du MoDem Alsace sur la réforme territoriale

16:16 dans Non classé par Modérateur

Pour une Alsace forte de ses territoires et de sa double culture

Alors que la réforme territoriale de 2014 se précise, l’Alsace a l’opportunité de devenir une région pilote en matière de gouvernance territoriale, en anticipant les réformes à venir. Prendre de l’avance pour valoriser sa propre expérience et ne pas subir, c’est une chance unique, mais qui doit être saisie très rapidement !

Nous sommes pour un Parlement d’Alsace : une vraie fusion, au-delà de ce qui est prévu pour 2014. En effet, ne regrouper que l’échelon décisionnel (une centaine d’élus) et pas le niveau opérationnel (environ 8 000 agents) laisse coexister trois systèmes différents, et ne génère pas vraiment d’économies (au contraire, on alourdit les frais de déplacement des élus). Mais nous sommes conscients que la fusion comporte un risque principal : recréer à l’échelle régionale le centralisme que nous combattons au niveau national. C’est la raison pour laquelle nous sommes très attachés à la subsidiarité et à une forte proximité : centraliser les grandes décisions pour plus de cohérence et faire des économies en réduisant les doublons, mais déconcentrer au maximum leur préparation et leur mise en œuvre dans les bassins de vie, pour répondre au mieux aux besoins des territoires.

Cette présence territoriale, pour être la plus pertinente possible, passe par la mise en valeur d’un échelon intermédiaire entre la région (espace de planification) et les intercommunalités (lieu de proximité, à renforcer) : entre 4 et 10 « pays » (au sens de la loi Voynet, ou bien « territoires de vie », arrondissements, zones d’emploi de l’Insee…). C’est au sein de ces espaces que l’on travaille, que l’on fait ses courses, que l’on va au lycée… et ce niveau d’administration, intégré administrativement à la Région fusionnée, serait pour celle-ci l’interface privilégié pour apporter ses services et gérer le territoire au quotidien (enseignement secondaire et formation, trains régionaux, routes, environnement…). Sans cette présence territoriale forte, la fusion est vouée à l’échec. Y compris d’un point de vue pécuniaire, car les temps et les frais de déplacement augmenteraient de façon incontrôlable.

Cet échelon serait également la circonscription d’élection des membres du Parlement d’Alsace, avec un mode de scrutin à la fois proportionnel et territorial, avec une proportionnalité par « pays ». Par exemple, un comité de 12 élus pour le Grand Strasbourg, un de 9 élus pour l’agglomération mulhousienne, un autre de 7 élus pour le grand pays de Colmar, etc. Ces comités siégeraient tantôt séparément (conseils de pays), pour débattre de sujets locaux et préparer localement les décisions du Parlement d’Alsace, et tantôt en séance plénière en tant que Parlement d’Alsace. Ce système permet d’avoir des élus locaux bien identifiés, attachés à un territoire (ce qui fait souvent défaut aux conseillers régionaux actuels), tout en évitant le système uninominal des cantons qui favorise les notables et nuit au renouvellement des élus. Ce Parlement serait épaulé par les deux conseils consultatifs actuels : le CESER (Conseil Économique, Social et Environnemental Régional) et le Parlement des Jeunes, qui seraient constitués sur la base d’élections publiques puis réellement associés aux travaux du Parlement régional (par exemple, consultation obligatoire du Parlement des Jeunes avant toute décision significative sur la formation professionnelle).

Le Parlement d’Alsace pourrait aussi éventuellement coexister avec une « Métropole » strasbourgeoise (en ayant son siège ailleurs que dans cette Métropole), mais certainement pas avec un « pôle métropolitain » Strasbourg –Mulhouse, qui crée une nouvelle structure (encore des frais !) et une concurrence superflue à des territoires que l’on cherche précisément à rassembler autour d’un destin régional commun.

Quelle que soit la forme de gouvernance dont les Alsaciens se doteront, il sera difficile de progresser sans une meilleure autonomie fiscale et de réels transferts de compétences. La fiscalité, comme les élections, constitue un lien très fort entre la population et ses institutions, et ce devrait être aux Alsaciens et à leurs représentants de pouvoir gérer (au moins de manière substantielle) les ressources financières de leur collectivité régionale, pour une meilleure efficacité. Les transferts de compétences encadrés par la loi, en faisant usage du droit à l’expérimentation inscrit depuis 2003 dans la Constitution, devraient commencer par l’éducation, car nous pensons que les jeunes Alsaciens méritent un système éducatif mieux adapté aux réalités régionales et européennes.

En effet, à cause du déni de ces réalités, notre région a décroché. Du dynamisme dont elle bénéficiait jusque dans les années 1990, alors championne du plein emploi, l’Alsace est passée aujourd’hui à un niveau de chômage qui rattrape la moyenne nationale. Notre région se serait-elle un peu trop reposée sur ses acquis, contrairement à des terres plus défavorisées qui ont dû davantage innover pour s’en sortir ? Innover, c’est aussi réhabiliter sa culture, ses marqueurs régionaux, en sortant d’une image que l’on tend à folkloriser. Il est tout de même symptomatique que les enfants d’Alsace connaissent si mal leur région que, interrogés sur ce qu’est l’identité alsacienne, ils répondent majoritairement « choucroute » et « cathédrale », en oubliant la culture et la langue régionales. Langue régionale qui, soutenue sous ses deux formes (allemand et dialectes alsaciens) par des médias régionaux renforcés, serait pourtant un puissant vecteur pour redonner aux Alsaciens leur fierté et promouvoir une civilisation originale qui n’est en rien inférieure à la culture commune française.

Parmi les emplois que nous perdons chaque jour, il y a une part non négligeable d’emplois frontaliers. Bâle, Mulhouse, les deux agglomérations sont distantes d’un quart d’heure. L’une a un taux de chômage de 3%, l’autre dépasse les 11%… Mais nous avons aussi besoin de jeunes qui comprennent l’allemand dans beaucoup d’entreprises alsaciennes qui exportent, qui reçoivent des visiteurs germanophones, et même dans le reste de la France, où nous avions une réputation d’excellence, à une époque pas si lointaine où au moins la moitié des enseignants d’allemand exerçant en France étaient originaires d’Alsace. Une compétence facile, une manne linguistique, que l’on a laisser filer surtout par conformisme (« il est chic de parler français »), car, quoi qu’on dise (à juste titre) sur les manœuvres de l’État pour éradiquer le dialecte, personne n’a jamais empêché les Alsaciens de le parler à la maison, avec leurs enfants !

Il est donc urgent d’adopter, quand nous nous doterons d’institutions rénovées, un plan global pour le bilinguisme alsacien, dans les médias, en cours du soir, dans la signalisation routière… et bien sûr à l’école, avec une filière bilingue paritaire français/allemand de qualité, toujours basée sur le principe « une langue, un enseignant » et accessible à tous ceux qui le souhaitent jusqu’aux baccalauréats général, technique et professionnel. Notre langue régionale pourrait de nouveau rayonner, et le Parlement d’Alsace, riche de ses compétences et de ses territoires, devrait être le principal garant de ce renouveau.

Le premier budget de la France : les intérêts de la dette

12:48 dans Non classé par Modérateur

Des seuls intérêts, et non pas le capital. Ces intérêts pèseront 49 milliards d’euros dans le budget de l’état . Plus que l’éducation, plus que l’armée : abyssal ! Et la France devra emprunter 180 milliards en 2012 pour gérer ces déficits antérieurs et nouveaux.

Conséquence terrible : le poids de la dette continuera à augmenter pour s’établir à 87.4% du PIB en 2012 contre 85% en 2011. Ce qui veut dire clairement que réductions de dépenses et taxations decidées en 2011 (dans le budget puis le 24 aout 2011 représentant au total un prélèvement fiscal supplémentaire de 25 milliards) ne suffisent pas.

Il faut s’attendre à de nouvelles réductions de dépenses (30 000 fonctionnaires en moins annoncés en 2012) et un nouveau tour de vis fiscal apres les élections présidentielles. Le budget sera encore en déficit considérable puisque malgré tous ces efforts, le trou sera de 81 milliards en 2012 contre 95 en 2011. Le risque, bien sûr, de ces tours de vis successifs (la France va battre le record toutes catégories des prélèvements obligatoires) est de voir la croissance se réduire, voire entrer en récession.

Avertissement : au deuxieme trimestre 2011, la croissance est nulle et le chomage augmente depuis avril. La fin de l’année est désormais considérée comme ne pouvant présenter aucun signe de reprise. Ce n’est pas le tsunami boursier de l’été qui pourra renverser la tendance.

L’urgence est désormais de réfléchir rapidement à la facon de rentrer dans un cycle de relance vertueuse de l’activité en France et en Europe. Les théories keynesiennes n’ont plus le vent en poupe.

Les deux priorités du MoDem sont les deux réponses les plus crédibles : produire en France et améliorer notre système d’éducation. Quant à certaines promesses électorales (retraite à 60 ans, 300 000 contrats aidés) , elles sont à ranger aux rayons des accessoires couteux et démagogiques.

Le Sénat bascule à gauche et légitime la majorité centrale

17:28 dans Non classé par David Guillerm

Beaucoup de commentateurs se sont moqués de cette annonce, le « Ensemble tout devient possible » de Nicolas Sarkozy devenait un « Ensemble, tout devient possible, même un Sénat socialiste ».

Cet évènement sans précédent est significatif du changement profond du pouvoir dans les collectivités sur ces 10 dernières années. Le Sénat reflète nos collectivités françaises pour la plupart aux mains des socialistes. Le Sénat se retrouve ainsi avec  177 sénateurs de « gauche » avec une nouvelle majorité absolue.

Le groupe Union Centriste qui  rassemble les centristes et démocrates perd 3 sièges et se maintient à 25 parlementaires, restant un groupe qui pèsera systématiquement sur les majorités. On peut féliciter au passage les élus démocrates, la très belle réélection de Jacqueline Gourault au 1e tour dans le Loir-et-Cher ainsi que la nouvelle élection de Jean-Jacques Lasserre dans les Pyrénées-Atlantiques.

Sur la problématique des sénatoriales, le changement de majorité pose tout de même une question essentielle. Est-on prêt en 2012 à voir, si les socialistes emportés l’élection présidentielle, une France totalement PS, sans contrepoids, de la commune jusqu’au sommet de l’Etat en passant par les départements, les régions et les parlements ?

La situation actuelle légitime la majorité centrale défendue par François Bayrou. La France ne peut se construire en laissant de côté la moitié des français. L’UMP a essayé de le faire, si le PS gouverne toutes les strates du pays, il sera sans aucun doute tenté de le faire à son tour. Dans cet imbroglio, seul un rassemblement de forces modérées du pays permettra de relever les défis de l’avenir.

Les prochaines semaines seront décisives et ne manqueront pas de nous rappeler cette réalité.

 

Europe : « Il vaut mieux aller vers une finalité avec difficulté plutôt que d’affronter des difficultés sans finalité »

11:24 dans Non classé par Modem Alsace

Après des interventions très intéressantes et enrichissantes le vendredi après-midi dès 15 heures, dans un cadre idyllique, les deux autres journées ont été pleines d’instruction tant sur le plan de la politique, de la finance (comprendre la dette et trouver les solutions pour la contenir et sauver les générations futures), de l’Europe, que sur le contenu de notre programme : produire, instruire et reconstruire. Les maîtres mots de ces journées. Quatre moments forts lors de ces journées : les interventions de Michel Godet (mettez un Godet dans le MoDem et nous irons loin et vite), Arnaud Gossement ou comment concilier l’environnement et l’écologie avec le développement et la démocratie, Jean-François Kahn égal à lui-même et le moment le plus fort, le témoignage de Nejib Chebbi sur la révolution tunisienne et son parcours d’opposant au régime pendant plus de 30 ans. Un week-end riche d’enseignements précieux et tellement revivifiant. De quoi avoir une très forte motivation pour les prochains mois. Une vraie thérapie anti crise. Avec cela un tas de rencontres, dans une atmosphère détendue et propice à un vrai humanisme, avec des adhérents des quatre coins de la France, plus sympa les uns que les autres.

On en redemande.

 

Compte-rendu du forum « L’Europe, de l’absence à l’affirmation », intervenant par intervenant

Introduction de Marielle de Sarnez :

L’Europe traverse une crise grave et difficile liée à l’absence de capitaine, l’absence d’unité politique et surtout par l’absence de plan d’ensemble pour la surmonter. Et pourtant, il est impossible qu’un Etat membre soit en défaut de paiement sans un retentissement immédiat sur notre monnaie commune. L’euro en perdrait son crédit. Les opinions publiques inquiètes n’entendent pas de bonnes réponses de leurs hommes politiques, ils ont alors naturellement tendance à se recroqueviller sur eux mêmes. Le deuxième plan d’aide n’est pas encore accepté, malgré l’urgence et certains demandent des gages de remboursement pour débloquer la situation. Notre solidarité devrait au contraire nous faire tenir nos engagements, en donnant le temps nécessaire à un possible redressement, donner des perspectives de sortie de crise. Car les solutions existent :

- la mutualisation des dettes serait une réponse aux marchés
- une vraie gouvernance économique (hors idée farfelue proposée récemment)
- une gouvernance politique pour crédibiliser le choix économique.

Actuellement il n’y a pas de présence de l’Europe, il faudrait un président élu par l’ensemble des citoyens et non nommé par les chancelleries.

 

Dora Bakoyannis, en direct d’Athènes, ministre des affaires étrangères de Grèce (2006-2009), ancien maire d’Athènes

Dora Bakoyannis vient de créer une nouvelle force politique au centre. La phase vécue actuellement par le peuple est très douloureuse. Depuis des années, la consommation a été alimentée par la dépense publique. Il s’en est suivi une importante baisse de compétitivité.

Le violent retour à l’équilibre dans l’urgence est insoutenable pour la population. Les mouvements en place actuellement ne peuvent répondre à cette crise car ils sont responsables de la politique locale et européenne, cause de la situation, de la perte de confiance des citoyens, et enfin du gel des capitaux secondaire au possible défaut de paiement.

La seule solution : un gouvernement d’union nationale autour du centre indiquant le seul chemin possible.

 

Pat Cox, ancien président du Parlement Européen

L’Irlande est un pays de la périphérie, lui aussi gravement touché par la crise de la dette des Etats souverains. Ce pays a vécu jusqu’en 2007 sa quinzaine glorieuse. Les abondantes liquidités ont apporté succès mais aussi excès, notamment dans une bulle immobilière qui a explosé. Les dettes bancaires ont alors été socialisée et se sont rajoutées aux dettes privées, la dette souveraine est devenue incontrôlable mettant l’état sous surveillance. Un programme de consolidation budgétaire associé à un programme structurel a été imposé, entraînant une chute brutale de la croissance.

La dette publique a été jugulée grâce à un surplus de leur commerce international en grande partie assis sur un dumping fiscal. Depuis 2008, la dette publique a augmenté de 13%, le chômage a progressé et se retrouve à 14% de la population active entraînant une émigration forcée. Les salaires ont dû être réduits de 15% avec un moratoire sur le recrutement public. Malgré cela l’opinion publique reste assez calme, prête à souffrir à court terme si un mieux est possible.

La révolution se passera dans les urnes.

En Europe, il y a 3 défis à relever :
- une crise de solvabilité (Grèce, Portugal, Irlande)
- une crise de liquidité (Espagne, Italie)
- un déclassement possible de certains pays dans leur pouvoir de rembourser (France, Belgique)

Pour régler ces problèmes, un cadre de résolution doit être pris rapidement.

Il vaut mieux aller vers une finalité avec difficulté plutôt que d’affronter des difficultés sans finalité.

 

Francesco Rutelli, sénateur,ancienmairedeRome

Le centre politique est différent dans chaque pays. Ce doit être le choix décisif, à condition qu’il ne s’agisse pas d’un choix mou d’immobilisme.

Le populisme ne peut résoudre la crise. Or, c’est ce que deviennent la droite et la gauche. Il faut réconcilier et reconstruire pour faire face à la crise, séduire les peuples avec un langage de vérité et une perspective d’avenir réaliste. La position centrale empêche aux radicalités de prendre tout l’espace.

Les Allemands ont été capables de faire un gouvernement d’union nationale. Un renforcement des partis démocrates préparera la sortie de la crise. Il faut construire pour éviter l’enfer. Or, l’Europe n’est pas construite pour emmener son peuple au paradis.

C’est une union monétaire sans être une union économique. Il faut donc un centre fort et courageux pour entraîner l’Europe.

 

Guy Verhofstadt, présidentdugroupeADLEauParlementeuropéen

Il faut maintenant créer les Etats-Unis d’Europe. Les Chefs d’Etats sont incapables de gérer l’Europe, il se rajoute une crise de l’intergouvernementalisme. Ainsi, il y a une monnaie unique et 17 marchés obligataires. La faiblesse européenne vient d’une crise de clivage entre le Nord et le Sud en l’absence d’une stratégie commune.

Il est indispensable de créer une union économique, fiscale et budgétaire. Actuellement, les marchés nous aident (a contrario) ; si rien ne bouge, chaque pays aura des difficultés, chacun à leur tour. Il faut donc créer un marché obligataire unique, géré par un gouvernement économique situé à l’intérieur de la Commission Européenne. Il faut un plan global pour sortir de la crise avec si  nécessaire un changement de traité. Nos leaders politiques Européens sont incapables de gérer la crise car ils se réfugient dans le populisme.

Ainsi, éjecter la Grèce est une erreur, car on est dans une team et il faut se battre pour l’âme européenne sur une base fédérale et humaniste.

 

Crédit photo : Soazig de la Moissonnière

Si je m’engage au MoDem, c’est pour sa liberté de ton et son pragmatisme

14:58 dans Non classé par Julien Beal

(JB)- Salut Jérémy, présente-toi rapidement pour les lecteurs des Chroniques du Centre?

(JE) Jérémy Erre, 21 ans, je suis lyonnais d’adoption, après avoir vécu un peu partout en France métropolitaine et dans les Dom Tom. Passionné de politique, j’ai suivi des études de sciences politiques et d’administration publique, avant de me tourner vers la gestion et le management « durable » à l’université Lyon 3.

(JB)- Tu t’es engagé à quel âge et pourquoi aussi jeune ?

(JE) C’est en arrivant à Lyon que j’ai décidé de m’engager. J’ai fait ce choix, associatif et politique, car je me suis rendu compte que lorsque l’on décide de franchir le pas, nous sommes capables d’améliorer la vie de nos voisins, de nos concitoyens, qu’ils soient lyonnais, français ou européens. En agissant pour eux, on agit aussi pour nous-mêmes, nous bâtissons cette paix sociale dans laquelle chacun de nous souhaite vivre et faire vivre ses proches. Nous contribuons ainsi au progrès collectif auquel je crois. Et surtout, il n’y a pas d’âge pour s’engager.

Chez moi, même si on ne parlait pas beaucoup politique, on soutenait Sarkozy en 2007. Je suis entré à l’UMP à 16 ans, puis à 18 ans au Nouveau Centre lorsque j’ai compris que mes valeurs étaient bien loin du projet de société conservateur porté par la droite. Chez les centristes, j’ai trouvé une famille politique qui me comprenait et que je comprenais, j’ai donc décidé de rester et de défendre les idéaux qu’elle porte.

(JB) – Tous les partis politiques parlent de valeur ! Quelle sont les tiennes ?

(JE) Mes valeurs se résument dans l’humanisme et le progrès ; notre capacité à nous développer au contact des autres, et une foi dans un lendemain meilleur qu’aujourd’hui. L’humanisme c’est avant tout une ouverture sur les autres et sur soi-même. C’est l’idée que l’autre n’est pas un étranger et que l’homme loin d’être un loup pour l’homme en est la clé du progrès personnel. Il faut donc savoir s’ouvrir aux autres, s’enrichir de ses différences qui sont autant d’expériences, accepter ses idées, ses convergences, ses divergences, et savoir se remettre en question tout en défendant ardemment ce en quoi l’on croit au plus profond de nous.

Dans notre société actuelle l’humanisme est remis en cause par l’exacerbation des différences entre les hommes. J’aime le message centriste lorsqu’il appelle les citoyens français et les citoyens européens à réaliser que ce qui les sépare est moins fort que ce qui les unit. Ces valeurs mènent aussi directement à d’autres notions que je me suis appropriées : l’exercice du pragmatisme et la recherche dès que possible du consensus et de la négociation, ainsi qu’un fort besoin de justice et de liberté au sens le plus strict du terme.

(JB)- Pour finir, tu as rejoint le Mouvement Démocrate depuis très peu de temps. Peux-tu nous dire en quelques phrases pourquoi es-tu parti du Nouveau Centre pour rejoindre le mouvement de François Bayrou ?

(JE) Avant tout, je ne suis pas un fanatique de François Bayrou. Je suis toujours plus fidèle aux idées qu’aux hommes. Sur la scène politique française, aucun de nos leaders centristes ne peut se targuer d’avoir eu raison de A à Z, ou il tombe lui-même dans un travers que notre famille ne reconnait pas. J’ai apprécié la remise en question de FB sur son choix de ne pas choisir en 2007, et son engagement à se déterminer au second tour, ainsi qu’un recentrage politique m’ont finalement permis de passer la dernière barrière qui me retenait.

Si j’ai quitté le Nouveau Centre, c’est à cause de divergences profondes avec la ligne du parti, s’imposant pieds et poings liés à une alliance avec la droite, signée à jamais, qui l’empêche de regarder si de l’autre côté de la barrière les « adversaires » de gauche ne font pas parfois preuve de plus de bon sens et de pragmatisme que leurs indéfectibles partenaires. Ils avaient fait le choix de l’indépendance de l’UDF, ils se sont raccrochés à la droite pour négocier leur maroquin en acceptant de donner une caution centriste permanentes aux dérives droitières du gouvernement Fillon, du président Sarkozy et d’une Droite populaire qui phagocyte le message politique de l’UMP. Les discours de Dakar, de Grenoble m’ont heurté, j’attendais une réponse forte de mon parti, elle n’arriva pas.

De plus, en trois ans, c’est le conservatisme qui l’a emporté chez nos parlementaires, face à une société qui est désormais bien plus progressiste qu’ils ne le sont, et qu’ils comprennent de moins en moins. Étant moi-même un progressiste convaincu, je doute que l’un d’eux ne soit capable de porter un projet tel que Simone Weil ou Robert Schumann purent en porter il y a des décennies de cela. J’ai fait alors le choix de me battre pour les droits des homosexuels, l’euthanasie, et de nombreux autres sujets au sein du Mouvement Démocrate.
Si je m’engage au MoDem, c’est parce que je retrouve dans ce parti la liberté de ton et le pragmatisme qui caractérisent ma démarche en politique, ainsi qu’unprojet humaniste, écologiste, européen réellement innovant. Ayant suivi depuis longtemps les démarches de son président, de ses membres et des Jdem j’ai conclu que j’y trouverai ma place et ai décidé de m’y engager à 100%.

Maintenant je continuerai au Mouvement Démocrate de défendre le rassemblement des centristes, et des jeunesses centristes tel que nous l’avons bâti dans le Rhône avec les présidents des Jeunes Démocrates et des Jeunes Radicaux, lorsque j’étais responsable des Jeunes Centristes. Notre division ne dessert que nous, et nos présents et futurs alliés ou adversaires sauront s’en servir contre nous. Ne leur laissons pas satisfecit de nos divergences, comblons les !

Portons notre projet centriste, débattons, décidons, je suis persuadé que notre méthode est celle qui permettra à notre pays de se remettre de la crise actuelle. Démocratie, écologie, progrès, social, liberté, Europe, nos valeurs nous sommes les plus à même de les porter. Je m’engage donc pleinement avec les Jeunes démocrates et le MoDem pour gagner la bataille de 2012 et les échéances à venir, en espérant que nous nous retrouverons avec notre famille centriste pour redevenir demain la première force politique en France.

Retrouver les autres articles sur le site des Chroniques du Centre (http://chroniquesducentre.wordpress.com/)

 

Pourquoi j’ai adhéré au MoDem de François Bayrou

11:51 dans Non classé par Modérateur

La capacité de révolte de la gauche me plaisait mais son racisme de classe non.

La droite traditionnelle me faisait frémir dans son rapport au monde et à la loi mais sa vision traditionnelle “du rôle de la France” me réconfortait.

Avant l’arrivée du socialisme “sans goût” porté par des régiments de bobos énarques et de la droite sarkozyienne qui cultive le dégoût de tout ce qui a fait la France, j’étais tranquille dans mon patio politique : je pouvais piocher à droite comme à gauche parmi des personnalités porteuses de sens et de vision.

Mes inclinaisons “social-démocrate” se retrouvaient aussi bien dans certains programmes politiques locaux – je suis lyonnais – que dans les discours de quelques personnalités issues de différentes formations politiques.

Hors depuis l’élection de Nicolas Sarkozy tout a changé.

Nous avons un président qui fait honte à notre pays par une propension naturelle à prendre ce que nous avons de plus mauvais en nous – l’orgueil et le rejet des autres – et à oublier tout ce que nous avons encore en nous – la capacité à tisser un vrai contrat social, la fraternité et le désir de liberté.

Nous avons une opposition de gauche “fatiguée” qui préfère la politique spectacle aux enjeux de société, spécialiste de la ligne invisible où les mots socialisme, libéralisme et le reste partouzent ensemble dans une ambiance folâtre où personne ne s’y retrouve.

Je préfèré encore le ton cassant et logique d’un honnête Olivier Besancenot aux difficiles exercices d’équilibre d’une direction du Parti Socialiste “hors des murs de la société”.

Le contrat social en France s’effondre à cause des estocades répétées des tenants d’un ordre économique “monstrueux” qui place le profit au-dessus de toutes les fondements de notre pays ; la république en premier.

Au programme sans morale que propose Nicolas Sarkozy, il faut opposer notre vision de la France et de l’Europe : celle qui a su bâtir ce pays et qui est encore inscrite sur le fronton de nos édifices publiques. Ces mots veulent dire quelque chose.

Un État n’est pas le simple amoncellement des intérêts particuliers livrés aux aléas d’un marché ivre de profits à court terme.

Nos citoyens, nos entreprises, nos enfants méritent mieux qu’une ré-édition périmée des pires heures d’un capitalisme outrancier ou d’une république bananière naissante.

Nous méritons un libéralisme fondé sur le respect de valeurs fondamentales présentes dans notre propre Déclaration des Droits de l’Homme.

Cette notion de “libéralisme” confisquée par les faucons d’un nouvel ordre mondial n’a rien d’insultant.

Ce “libéralisme-là” entend laisser aux individus le choix de leurs contraintes ; l’État étant l’arbitre impartial qui vient redonner à chacun sa chance et sanctionner les tricheurs par la force de la loi.

Lors de la présentation de son livre “Abus de pouvoir “dans l’émission de Ruquier “On n’est pas couché”, François Bayrou s’était vu reprocher, gentiment, une entreprise “de restauration”.

Il s’agit bien au final de cela.

“Aller de l’avant” n’a pas de sens que si on éclaire la route. Accélérer en plein brouillard en espérant ne pas avoir de virages ce n’est pas une politique, c’est un suicide.

Restaurer “une vision politique”… oui c’est bien le but de beaucoup d’initiatives actuellement comme celles de François Bayrou.

Le mouvement perpétuel sarkozyien qui s’apparente plus à un mouvement brownien par sa nature chaotique n’a rien de moderne : il n’est le fruit que d’une gesticulation sans profondeur politique maniée par un homme qui n’a, malheureusement, pas les qualités nécessaires à sa fonction.

Dotée d’une intelligence moyenne et d’une culture indigne de son poste, Nicolas Sarkozy se perd dans sa vision du monde étriquée et manichéenne ; le complexe lui est étranger. Il se réfugie dans l’action pour ne pas avoir à penser.

Le mouvement sarkozien ne vient que d’une simple nécessité médiatique qui place le mouvement au-dessus de celui qui le provoque. Nicolas Sarkozy ne possède que des stimuli marketing. C’est un pantin ; un monstre vomi d’une société qui fait de ses mirages des images.

Nicolas « le petit » n’est pas un penseur, c’est le chien de Palvov, avec les aboiements en prime.

Or, en politique « moderne », dans une société où l’information est accessible, Il n’y a rien “à vendre”. Il n’y a rien “à acheter”.

Il y a ”à faire adhérer” : c’est ce qui y est compris qui fonctionne.

François Bayrou a-t-il les qualités pour porter cette ambition “de restauration” d’une société basée sur des choix moraux et philosophiques clairs qui impliquent une politique équilibrée sur le long terme ?

Seul l’avenir nous le dira mais j’y crois.

Son discours – je le suis depuis longtemps – n’a pas varié depuis des années et son analyse devient chaque jour plus percutante et ô combien d’actualité maintenant au milieu de cette crise de société majeure que nous vivons.

Sa fidélité et sa conviction dans sa vision politique font de lui un candidat naturel pour porter un véritable espoir en France dans les années à venir.

 

Retrouvez l’article de Pierre Jean Duvivier publié sur Agoravox directement en cliquant ici.

Crédits photo : Soazig de la Moissonière

Ma principale raison de voter Bayrou

12:50 dans Coup de coeur par Modérateur

Dans un récent billet je vous donnais une des raisons qui expliquait mon adhésion aux idées de François Bayrou. Voici donc la deuxième et je crois bien que c’est la principale à mes yeux. Partager la connaissance est une des composantes de la fondation de notre société humaine. Sur laquelle vont ensuite se construire les piliers du projet humaniste.

Partager la connaissance c’est ce qui fait notre dignité d’hommes ou de femmes. C’est ce qui nous rend libres. Et pas assujettis !

François Bayrou était l’invité tout un dimanche de décembre dernier, de l’émission de Michel Drucker.

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Regardez la lumière, l’étincelle dans les yeux du président du MoDem lorsqu’il s’exprime sur ce sujet. L’admiration qu’il éprouve pour Florence Devouard. C’est révélateur de son enthousiasme et de sa sincérité. Il sait détenir ici la clef d’ouverture vers une autre façon de faire de la politique. On sent chez lui l’impatience à le communiquer et le prouver à tous.

A mon avis, c’est ce passage-là de l’émission qui est le plus important, celui qui révèle sa personnalité non pas de seul enseignant, non pas de seul philosophe risquant alors de s’isoler dans une théorie utopiste, mais bien du véritable humaniste qu’il est. Celui qui s’inspire d’un Diderot du Siècle des Lumières et qui ne veut agir que pour l’accession à la connaissance de tous. Bien au-dessus des positions partisanes.

Si vous souhaitez découvrir un peu plus Florence Devouard, je vous invite à visiter son blog. Vous constaterez que son parcours est très riche.

J’y ai notamment trouvé un débat très intéressant sur la place des femmes dans le monde du virtuel, et leur contribution sur Wikipédia.

En tout cas, c’est un sujet que je complèterai bientôt car je voudrais faire le parallèle avec Google. J’y ai pas mal réfléchi avec l’aide des magnifiques billets d’Hervé Torchet sur tout ce qui est numérique. En particulier la BNF (Bibliothèque Nationale de France) qui risque justement de perdre son indépendance et d’être « achetée » par… Google ! Ce serait une épouvantable régression de notre liberté. J’y reviendrai.

Pour terminer sur ce qui m’a inspiré ce billet, et ce sera ma conclusion de ce jour, voici le commentaire que j’ai fait dernièrement sur le blog de l’Hérétique« La campagne du MoDem devrait consister à dire qu’il y a du bon partout et qu’il faut rassembler le meilleur de tous. C’est simple finalement. A ceux qui rétorquent que l’on veut donc manger à tous les râteliers, il suffit de dire que c’est parfaitement faux, puisque l’on veut que chacun profite des connaissances des autres. C’est cette fameuse « intelligence collective ». Le MoDem se veut un peu le Wikipédia de la politique. »

Retrouver cet article directement sur le blog de Françoise Boulanger en cliquant ici

Notre idéal : l’Humanisme

15:25 dans Sélection de la semaine par Modérateur

L’humanisme n’est pas un vœu pieux, un souhait vague. L’humanisme, comme projet de société, si on le prend au sérieux est exigeant, radical. Il consiste à organiser la société autour du développement humain, individuel et collectif.

Le mot est porteur de significations précises :

- Garantir à tous les biens nécessaires : ceux de la subsistance, du logement, de la santé, du soin face à la maladie, de la prévention, l’emploi au plus grand nombre, l’éducation, la formation professionnelle, la sécurité et la sûreté, la protection contre toutes les discriminations.

- Offrir à tous, en tout cas au plus grand nombre, les biens supérieurs : la reconnaissance de son identité ou de ses identités, la culture, l’expression artistique, la formation au long de la vie, la protection des opinions, des convictions philosophiques ou religieuses.

- Assurer au pays les conditions de son rayonnement : création économique, recherche scientifique, création artistique, vie culturelle, protection de sa langue, et mêmes de ses langues régionales, et de sa pensée

- Donner au citoyen la liberté de juger et lui reconnaître le droit de comprendre et d’influencer, par ses choix politiques, l’évolution de la nation. Le protéger et favoriser son émancipation face à toutes les dépendances et les aliénations.

De tout cela nous sommes bien loins aujourd’hui…

D’immenses progrès ont été faits, au travers des générations, dans le domaine des biens matériels.

Cependant les inégalités non seulement subsistent mais se creusent ; de plus en plus de femmes et d’hommes sont exposés à la précarité et à la violence de conditions de vie inacceptables.

Et quant au développement moral, il semble le plus souvent reculer qu’avancer…

La culture elle-même se transforme le plus souvent en spectacle, et de moins en moins en pratique.

Dans la société le citoyen se ressent comme soumis à la loi du plus fort. On a l’impression que le privilège va au privilège…

Le MoDem construit son projet pour qu’il soit présenté avant la fin de l’année 2011. Il est d’abord en train aujourd’hui d’opérer un diagnostic ; pour proposer des choses, il faut d’abord voir ce qu’il se passe dans notre pays.

L’équipe nationale est en train d’auditionner, d’entendre et de voir tous les acteurs. Elle en voit beaucoup. Elle en est à plus d’une centaine d’entretiens, avec tous les corps qui existent aujourd’hui dans notre pays (syndicats, associations, experts, etc…).

Elle le fait dans la discrétion, il ne s’agit pas d’en faire publicité à chaque fois. A l’issue de ce diagnostic, elle définira avec pragmatisme ce qui est le mieux pour notre pays, un projet « globalisant », s’appuyant sur les valeurs de justice, de courage et de liberté.

La France a besoin de réformisme ; mais il faut  arrêter de faire de la démagogie et parler vrai aux Français. C’est ce que nous allons bientôt dire, expliquer et défendre devant les citoyens.

Retrouvez cet article directement sur le blog du MoDem 71 en cliquant ici