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Lettre à l’Europe

11:33 dans Non classé par Maxime FIALON

 

Chère Europe,

Depuis que l’Union existe entre les diverses Nations qui te composent, plusieurs d’entre nous – citoyens européens convaincus – avons rêvé de la naissance d’une véritable fédération autour de tes peuples. Toutefois, les partisans d’une union coopérative et l’égoïsme relative de certains de nos dirigeants semblent avoir gagné la partie : nous le regrettons parce que cela empêche ton développement, parce que cela t’empêche de prendre toute la place que nous pensons que tu devrais avoir dans le monde.

Aujourd’hui, nous nous battons pour que ton existence ne soit pas sans cesses remise en cause et nous nous battons pour que tu deviennes ce que nous souhaitons pour toi : une union des Etats européens, une fédération des peuples européens.

A qui nous le demande, nous réaffirmons notre citoyenneté européenne, nous réaffirmons notre appartenance à l’Union européenne. Etre Européen est selon nous un honneur et une chance : un honneur d’appartenir à un espace de paix (après avoir été un espace de conflits), une chance d’appartenir à une potentielle grande force politique de notre monde.
Europe, tu es « Unie dans la diversité« . L’euro est ta monnaie mais l’un aussi des symboles de cette union des peuples et c’est pourquoi il faut le conserver (en plus des considérations économiques).

De nos voeux,  nous appelons à plus de fédéralisme afin que l’Union pèse vraiment dans les grandes décisions politiques internationales (rappelons qu’elle a obtenu récemment le statut de « super-observateur » aux Nations Unies) et nous appelons à moins d’égoïsme de la part de nos dirigeants qui bloquent un meilleur fonctionne des institutions européennes.

En ce sens, nous préférerions avoir un Président du Conseil européen charismatique avec une place et un poids importants ainsi qu’un Haut-Représentant pour les Affaires Etrangères et la Politique de Sécurité ayant une véritable aura sur la scène internationale.

Le ministre de la parole

16:54 dans Non classé, Sélection de la semaine par Modérateur

Eternel ministre

Bien qu’élu en 2007 comme président de la République, Nicolas Sarkozy n’a jamais endossé l’habit de la fonction. Il s’est installé non pas dans le rôle du président mais d’un super ministre. Depuis 4 ans, nous n’avons toujours pas eu de président de la République au sens que lui donnent nos institutions, aussi imparfaites soient-elles. Il aurait pu choisir de les réformer pour les adapter à son fonctionnement, mais il ne l’a pas fait. Il aurait pu s’adapter à elles, comme l’ont fait ses prédécesseurs, mais on ne saura pas pour le moment s’il n’a pas voulu ou pas su.

Il a petit à petit fait perdre leur sens à nos institutions, en déplaçant le pouvoir de la lumière des ministères vers l’ombre des conseillers qui ne rendent de comptes à personne, pas même financiers, hormis au président.

Cause toujours

La parole des ministres ne vaut plus rien, plus personne ne les écoute si ce n’est pour les railler. Le président décide. Il serait infaillible, mais comme ce n’est pas vrai, alors il faut tordre la réalité, raccourcir les processus pour supprimer les contre-pouvoirs et les oppositions. Les complexes cheminements de la loi qui ont pour vocation de lui permettre de s’enrichir et de s’affiner à chaque étape ont tous été court-circuités en détournant les textes existants (urgence parlementaire, ordonnance…).

Mais cela ne suffit pas, il a aussi fallu contrôler le discours pour qu’il ne dise pas la vérité, mais fasse passer le message attendu, tels que les sondages laissent à penser que les français veulent l’entendre. Aucune importance de dire le contraire de ce que l’on fait. L’ère Sarkozy correspond à l’exacerbation du détournement de sens dans la parole politique. Pour couper l’herbe sous le pied des opposants, il suffit que le gouvernement dise ce que dirait ses opposants. Sauf qu’en généralisant la technique, c’est la parole qui perd tout sens. Non seulement on n’entend plus les ministres puisque la parole a été confisquée par l’Élysée, mais ils disent tous la même chose, sans que cela n’ait de lien avec ce qu’ils font.

Depuis 4 ans, au lieu d’un président, nous avons un ministre de la parole, qui promet, qui dit ou fait dire, ce que les français voudraient bien entendre, sauf que les actes démontrent, jours après jours que ce n’est que de la parole.

Nicolas Sarkozy a tué la parole politique en la décorrélant de la réalité de l’action politique. Il va falloir un travail colossal pour rétablir le lien.

 

Retrouvez l’article de Cédric Augustin directement sur son blog en  cliquant ici.

Quatre années de pouvoir, quatre années de dégradation des comptes publics

10:53 dans Sélection de la semaine par Modérateur

Dans son programme pour l’élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy affirmait vouloir ramener en cinq ans la dette sous les 60 % du PIB alors qu’à la fin du premier trimestre 2007, elle était à 64,9 %. L’effort n’était pas considérable lorsque l’on connaît le montant exorbitant des « niches fiscales », dont certaines ont été créées sous ce quinquennat et sont constamment critiquées par la Cour des comptes (bouclier fiscal, TVA restauration…).

Concernant la maîtrise de nos finances publiques, comme pour le pouvoir d’achat, l’échec est cuisant. Pour se dédouaner,  le Président et son gouvernement affirmeront que la France a dû faire face à la crise financière et économique de 2008, que les collectivités locales ne maîtrisent pas leurs dépenses…

Prenons les chiffres et nous constaterons que Nicolas Sarkozy manipule l’opinion : 80 % de la dette française est du fait de l’État et de ses organismes divers d’administration centrale (ODAC). En qualité de Ministre de l’Intérieur, il faisait déjà dire aux statistiques de la délinquance ce qui l’arrangeait. Il perpétue la tradition avec les comptes publics.

À la fin 2007, la dette de l’État (hors ODAC) s’élevait à 933 milliards d’euros puis elle a crû trimestre par trimestre, année par année (1 041 Md€ fin 2008, 1 168 Md€ fin 2009 et 1 245 Md€ fin 2010). Sous la présidence Chirac, le déficit atteignait généralement 45 à 55 milliards d’euros, soit l’équivalent du produit de l’impôt sur le revenu.

Sarkozy nous avait promis la « rupture » et il ne s’est pas trompé puisque nous avons connu des déficits abyssaux (56 Md€ pour 2008, 138 Md€ pour 2009, 136 Md€ pour 2010) supérieurs au produit de la TVA ces deux dernières années. En quatre ans, le déficit global a atteint près de 320 milliards d’euros soit l’équivalent du budget annuel français.

À titre de comparaison, fin 2010, la dette nette (et non le déficit) des collectivités est de 161 Md€. Ce que les 37 000 collectivités ont dépensé en trop en 30 ans, l’État l’a quasiment fait l’année dernière. Chapeau !

Rapportée au PIB, la dette française a atteint 81,7 % soit 16,8 points de plus en quatre ans. Force est de constater que si l’État a dû faire face à la crise économique, il devra dorénavant faire face à une crise financière publique qui pèsera sur la croissance. Espérons simplement que les taux d’emprunt sur les marchés n’augmentent pas car la charge de la dette augmenterait, au risque d’hypothéquer les dépenses régaliennes.

En 2012, les candidats devront donc établir un programme réaliste, plutôt qu’un catalogue de promesses irréalisables, et s’engager à respecter les critères européens.

4 ans de Sarkozysme : bail à renouveler ou mise en vente ?

10:52 dans Non classé par yvesdelahaie

A l’époque, l’état des lieux mentionnait une bâtisse vieillissante, poussiéreuse, archaïque dans ses fondations. « A rénover » avait-on pris la peine de marquer sur l’annonce. Des travaux depuis, il y en a eu. Des tas. Des tonnes. Souvent le projet a été modifié pour laisser place à la même chose, quand il n’en est pas resté au simple devis, faute de financement. Si bien qu’à un an du  terme de ce bail, il serait temps de se poser la véritable question : le bail présidentiel est-il renouvelable en l’état ou une mise en vente s’avère-t-elle nécessaire ?

La visite s’ouvre sur un patio superbe, qui rappelle les débuts, l’état de grâce. A l’époque, par cette porte dérobée, sur la droite, se trouvait le passage conduisant vers les cuisines du restaurateur Fouquets, remercié depuis parce que cela jasait au-delà du buisson, dans la rue. D’ailleurs , c’est tout le personnel de maison qui a connu des va-et-vient impromptus : Fillon I, Fillon II, Fillon III ; sans compter les mini-remaniements, dus au personnel devenu dérangeant comme la petite Michèle. D’aucuns se sont dit que c’était sans doute le majordome qu’il fallût changer. Mais le locataire n’en démordit pas. Il avait, il faut dire, fait du choix de son petit personnel un véritable enjeu de Cour. Débauchant à sa gauche, détroussant le Centre, et déboussolant sa Droite, il avait imaginé une petite équipe au garde-à-vous, qui lui jurerait allégeance, affidés qu’ils étaient tous, jusqu’à renier leurs valeurs. Mais revenons-en au patio.

Sur les murs trônent encore les unes et les éditos élogieux qui foisonnaient. Il n’en figure qu’une maigre partie ici, tant les dithyrambes ne cessèrent de s’enchaîner des semaines durant. Même les plus railleurs, qui accusèrent leurs homologues de servir la soupe présidentielle en monopolisant l’espace médiatique autour d’un seul personne, se mordirent la queue en ornant leur « une » du nouveau locataire, semaine après semaine. Une sorte de fascination.

En avançant un peu plus loin, vous découvrez la pièce principale de cette construction bourgeoise, un rien baroque par son côté m’as-tu-vu et sa pendule Rolex qui trône majestueusement à côté de la bibliothèque verte (tous les exemplaires de la Pléiade, si ennuyeux et inutiles quand on veut travailler véritablement ont été classés sans suite au grenier. Ne restent que cet exemplaire de Zadig & Voltaire et un disque de Renaud « tous coupables… sauf Carlos Ghosn ? » ). C’est dans cette pièce que le locataire y a rangé ses plus beaux trophées : la réforme des Universités, celle des droits de succession, celle de la Constitution…. En revanche au-dessus de la cheminée, la chose déglinguée que vous voyez là était un bouclier, le bouclier fiscal. Branlant comme pas un depuis son érection sur le mur, il finit par tomber comme on le pressentait un beau matin. Car c’est peu de dire que le séjour ressemble parfois à un véritable champ de ruine : la table dite du « travailler plus pour gagner plus », pierre d’angle de la nouvelle décoration, fut annoncée avant même l’emménagement. Notre nouveau locataire fit feu de tout bois pour l’imposer. Las elle couta bien plus qu’elle ne rapporta. Il n’en reste à présent que quelques copeaux qui raviront la cheminée dès les premières lueurs de l’automne.

La porte-fenêtre donne une belle vue, malheureusement gâchée aujourd’hui par les écuries d’Augias, anciennement baptisées Bercy. Le nettoyage se fit attendre. En vain : il se fait attendre. Et se fera attendre. Pire, la dette devient abyssale. Attenantes à la maison principale, les écuries menacent les fondations. L’édifice est à surveiller de près.

A l’étage, les chambres… Enfin moins une. En effet la première chambre nuptiale fut très vite condamnée. Les fenêtres étaient restées grandes ouvertes et l’extérieur y fit des ravages.

La seconde est beaucoup plus harmonieuse. Complètement insonorisée. On eut juré que le locataire y avait élu villégiature sur l’aile gauche de la résidence avant de constater, sans le moindre doute possible, qu’elle se plaçait parfaitement à droite.

La chambre d’ami, elle, a vu de nombreux visiteurs. Certains reviennent avec assiduité comme Brice ou la pièce rapportée du trottoir d’en face le petit Eric (n’allez tout de même pas dire qu’il travaillait sur le trottoir !), ou encore Claude, qui se fait de plus en plus présent au domaine. En revanche, d’anciens locataires, pourtant favoris, n’y ont plus accès comme le grand Eric, banni pour Banier.

Dans la cour, en face des écuries, le domaine peut compter sur sa chapelle. Jamais assez remplie et honorée pour notre hôte. De Latran à Ryad, en passant par la béatification de Jean-Paul II, elle se remplit à chaque occasion avec ferveur laissant parfois un couloir communiquant avec la propriété principale, ce que les anciens locataires s’étaient pourtant toujours refusé à faire. Il faut dire que notre résident a besoin d’espace depuis que sa cave est occupée. Cinq fois par jours. Et tous les vendredis à l’en croire. Il l’a même désignée comme la cause de tous ses problèmes d’installation, de tous les défauts de fabrication de la maison et de tous les incuries dont il était pourtant le seul responsable. A force d’y raviver la braise, il risque à terme d’y mettre complètement le feu. Et la vague Marine s’imposera alors comme le seul recours. Et le Déluge après un incendie a toujours représenté un risque pour les fondations…

Pour conclure, un petit conseil de l’agent immobilier : si vous trouvez un autre locataire, plus fiable, avec de meilleures garanties, n’hésitez pas ! Prenez-le !

Retrouvez l’article de Yves Delahaie directement sur son blog en cliquant ici.

Des républicains sans République et la tentation de Narcisse

10:37 dans Non classé, Sélection de la semaine par Modérateur

On se souvient qu’à cette question “modérée” en 2008, Nicolas Sarkozy, Nicolas Sarkozy avait apporté une réponse pour le moins confuse :
Conférence de presse de Nicolas Sarkozy, le 8… par Nouvelobs

La IIIe République a été, dès sa naissance, qualifiée de « République sans républicains » (en 1871, 400 députés sur 630 étaient monarchistes) ; la Ve ne manque pas de républicains (l’élection du Président au suffrage universel, adoptée en 1962, ayant – dans un Etat laïc – remplacé l’onction).

Remontons le temps. Dans la conférence de presse du 31 janvier 1964, voici comment le général de Gaulle définissait le pouvoir du chef de l’Etat : « Il doit être évidemment entendu que l’autorité du chef de l’Etat est confiée toute entière au président par le peuple, qu’il n’en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire, qui ne soit conférée et maintenue par lui . » (1) . Bel exemple de séparation des pouvoirs bafouée !

Plus tard, après le 27 avril 1969, ayant quitté le pouvoir, il confiait à ses proches : « Le regret de ma vie c’est de ne pas avoir fait de monarchie, qu’il n’y ait pas eu de membre de la Maison de France pour cela . En réalité, j’ai été un monarque pendant 10 ans, il n’y que moi à avoir une politique française . » (2) .

Ainsi il apparaît que la dérive monarchique n’est pas un phénomène récent : elle est inhérente à la Ve République . Pourtant, même si elle a été pendant un temps l’ objet de vives critiques d’une partie de la classe politique – d’aucuns n’ ont pas craint d’évoquer une « forfaiture » (3), voire un « coup d’Etat permanent » (4) – elle semblait jusqu’à une date récente admise, parfois même par ceux qui l’avait critiquée avec le plus de virulence .

Mais il est évident qu’elle a été amplifiée par la « présidentialisation » du régime avec l’adoption du quinquennat et le choix de procéder aux législatives après les élections présidentielle, puis par la pratique “sarkozyenne”, Celle-ci a en effet rapidement suscitée de fortes inquiétudes, dont se sont fait l’écho, en 2008, les signataires de l’appel du 14 février de Marianne dont le texte est toujours d’actualité.

Pourquoi ces vives réactions ? Essentiellement à cause de la manière d’exercer le pouvoir . Là où le général de Gaulle adoptait une position arbitrale et se posait en défenseur des intérêts de « la France », N. Sarkozy apparaît trop souvent comme l’homme d’un clan : en faisant adopter le « paquet fiscal », en favorisant les chaînes privées au détriment de la télévision publique, en recevant les parlementaires UMP à l’ Elysée, en soutenant la candidature du « Prince Jean » à la présidence de l’Epad, en choisissant une procédure arbitrale, très coûteuse pour l’ Etat, dans l’affaire Tapie… Là où le général de Gaulle maintenait une certaine distance vis-à-vis de « l’intendance » – plus préoccupé par le destin de la France que par le quotidien des Français – et se cantonnait, la plupart du temps, dans « le domaine réservé » (affaires étrangères, défense), laissant au gouvernement le soin de gérer les affaires courantes, N. Sarkozy s’acharne à jouer les hommes-orchestres gouvernementaux, éclipsant le 1er Ministre, et nous renvoyant sans cesse son image .

Ce travers est sans doute encouragé par le quinquennat . Le Président, quel qu’il soit, a du mal à prendre du recul, à « laisser du temps au temps », à inscrire son action dans la durée et à mettre en place une vision pour le pays . Enfin, le général de Gaulle et ses quatre premiers successeurs avaient respecté leur rôle de gardiens des institutions, or ce rôle a été mis à mal par N. Sarkozy entre autres lors du Discours de Grenoble, puisqu’il remet en cause le principe constitutionnel de l’égalité des citoyens quelques soient leurs origines .

En conclusion, on retiendra que si entre le général de Gaulle et la France, la République avait parfois du mal à se faire une place, entre N. Sarkozy et son reflet, il n’y a de place ni pour la France, ni pour la République .

C.M.S.

1. E . Roussel, De Gaulle, Paris, Gallimard, coll.Folio biographie, 2008, p 239 .
2. E. Roussel, op cit., p 295 .
3. Gaston Monnerville, Président du Sénat, en 1962 .
4. François Mitterrand, en 1964 .

Un bilan alexandrin

10:33 dans Non classé par Docteur Zong

Quatre ans de pouvoir ! Il nous faut faire le bilan

La tâche n’est pas aisée tant le travail fut grand

Les chantiers innombrables, les projets à foison

Les ministres dociles au chant de l’unisson.

Rien ne fut épargné aux citoyens français,

Rien de bon ne protégea leur porte-monnaie

Les impôts, les taxes, la dette et le déficit,

Tout crût fort le pouvoir d’achat qui chuta vite.

Les institutions ne furent pas plus ménagées

La police ? Toujours moins d’agents dans les quartiers

Moins de juges, des délais plus longs : c’est la justice !

Des jurys populaires partout ! Pauvre Thémis !

De toutes, l’éducation fut la moins défendue.

Suppressions de postes, politique à courte vue,

Enseignants stigmatisés, déconsidérés…

Faut-il attendre autre chose en réalité

D’un ministre dont le parcours – prophétique ! –

Se passa pour l’essentiel dans la cosmétique !

Ce culte de l’argent considéré comme roi

Veau d’Or indépassable et même unique loi !

Aimé par les puissants comme l’ultime démiurge

Pendant que les petits passent tous à la purge !

Voilà ce que furent ces quatre dernières années.

Que vaut une présidence sans espoir à donner ?

L’anniversaire que je n’ai pas envie de fêter

10:26 dans Non classé par ANTHORE Olivier

Comment en est on arrivé là ? Sans doute par une mécanique, incongrue dans une démocratie, d’une déconnexion sans précédent entre le « pays réel » et ses « élites ». Quelques voix se sont élevées pour avertir de cette déconnexion mais, trop souvent prises pour des discours partisans, elles furent ignorées. Exit donc messieurs Todd et Maffesoli, vaines Cassandres d’une catastrophe évitable.

Comment peut on partir d’aussi bas et en moins d’un an rétablir la situation au point de remporter l’élection présidentielle au premier tour ? Au premier tour ! Score que même de Gaulle n’avait pu obtenir !

La résistible offensive se déroula en deux temps. Dans un premier temps, laissant le centre et la gauche s’entre-déchirer et se morceler, il fut question de réduire l’extrême droite à la portion congrue.

Nicolas Sarkozy, fin stratège, ne se contenta pas de donner des gages au Front national. En effet, essayer de suivre le Front dans la surenchère idéologique lui aurait aliéné définitivement l’électorat modéré sans le rendre crédible auprès des extrémistes. Non, il fallait juste entrouvrir des portes. Quelques petites phrases ambiguës, rien de plus. A partir de là, la véritable offensive pouvait avoir lieu. Car il ne s’agissait pas d’éliminer le Front de la vie politique française, loin de là.

Bénéficiant d’une cure de jouvence avec sa nouvelle présidente, il était nécessaire de créer un pont entre le Front Nouveaux et l’UMP. Une fois la connivence créée, l’offensive consista à négocier ni plus ni moins qu’un ralliement du FN, étranglé financièrement, à la plate-forme commune des droites populaires. C’est sur cette base que le gouvernement actuel compte pas moins d’un ministre de l’agriculture et de deux secrétaires d’états à la famille et aux sports.

Une fois acquis la tranquillité à droite, le centre morcelé ne fut pas un vrai problème. Beaucoup de partis étaient incapable de soutenir la moindre campagne par eux même par manque de financement et, il faut bien l’admettre, de courage. Quelques postes promis amuïrent sans peine les rodomontades des centristes « de droites ». Bien entendu, il y eu les purs et durs, ceux qu’on achète pas, Bayrou en tête. Ce que vous ne pouvez toucher, tournez le en dérision. La maxime s’appliqua à plein, aidée en cela par une vision médiatique du journalisme « d’entertainement ». L’isolement fit le reste.

La gauche paraissait la mieux armée pour résister mais paradoxalement elle s’effondra toute seule. Toujours prisonnière de son non choix entre la social-démocratie et un passé marxisant, elle continua à se déchirer sur des notions d’un autre temps. Le discours du PS toujours emprunt d’un ouvriérisme des années 70, apparaissait en totale déconnexion de sa pratique du pouvoir et surtout de la personnalité de son candidat.

Le PS pourtant le mieux armé pour prendre le pouvoir dut faire face à une révolte de ses plus grosses fédérations. Officiellement, les fédérations désiraient une candidature plus marquée à gauche avec des mesures symboliques fortes. Il apparu vite que la crainte des barons locaux étaient toute autre. Les affaires Frêche et Guérini avaient inquiété les patrons de fédérations sur la reprise en main par Solferino du parti. Ils profitèrent de cette élection pour faire comprendre que, sans eux, rien n’était possible. L’accord sur la révision des statuts, la transformation du PS en Fédération Décentralisée Socialiste, intervint trop tard pour remettre en selle la candidature socialiste. La situation de l’ex-PS fut paradoxalement jugée « globalement positive » par un de ses caciques, qui souhaita garder l’anonymat : « Je dis globalement positive car avec la majorité au sénat, le contrôle de la majeur partie des exécutifs locaux et le seul groupe d’opposition de l’assemblée, nous sommes la voix de l’opposition en France »

Le coup de grâce fut donné bien involontairement par la candidature d’EE-LV. Le candidat écologiste se trouva à déborder systématiquement le candidat socialiste sur sa gauche. C’était en effet nécessaire pour ancrer l’écologie à gauche et garantir des postes aux membres de la direction nationale des verts et des places de députés. L’effet, amplifié par la révolte des fédérations socialistes, fut dévastateur et démobilisa complètement le fameux « peuple de gauche ».

Désespérés que la politique puisse un jour répondre vraiment à leurs problèmes, peu de français allèrent voter. Les fameux indécis se décidèrent au dernier moment et sur un critère d’une simplicité désarmante : « nous avons voté pour quelqu’un qui parle comme nous et parle de nos problèmes ». Rajoutez à cela la crédibilité dans l’exercice du pouvoir et la messe était dite.

Victoire au premier tour donc avec le programme le plus à droite depuis le début de la cinquième république mais aussi le plus haut score d’abstention jamais constaté à une élection depuis 1956.

Le déroulé depuis un an de ce programme étend chaque jour la désespérance de ceux qui ont cru en l’Europe et dans le destin particulier de la France. Mise à la découpe des institutions européennes sous prétexte de les réformer, finalisation du démantèlement de l’état jusque dans ses fonctions régaliennes, mise en place d’une recentralisation de tous les pouvoirs au profit du seul exécutif, la liste serait trop longue.

Le PS fait toujours barrage aux réformes constitutionnelles, dont la limite à deux mandats successifs pour le poste de président, mais pour combien de temps encore ? La pression est forte et les médias déchaînés contre ceux qui apparaissent de plus en plus comme des privilégiés agrippés à leurs acquis.

Les dérives budgétaires ayant entraînés un dérapage sans précédent de la dette, dérapage accentué par l’envolée des taux d’intérêt, fit apparaître la sortie de l’euro et l’abandon entier de la protection sociale comme les seuls remèdes possibles.

Les français encaissèrent avec cinq ans de retard le même choc que les grecs. L’humiliation du décrochage d’avec l’Allemagne en plus.

Bien entendu nous sommes toujours en démocratie, et le combat politique ne blesse toujours que l’amour propre mais le changement d’ambiance est sensible. Face à une situation de plus en plus désastreuse, la proposition d’alternative apparaît de plus en plus souvent comme la cause du problème que sa solution. La politique meure doucement, à petit feu, dans le silence et l’uniformité.

 

N.D.A. : toutes ressemblances avec une situation possible ne serait pas si fortuite. Il y a loin d’ici mai 2012 et nous avons beaucoup à faire pour convaincre les Français qu’il n’y a pas de fatalité.