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La droite populaire mais une fronde nationaliste

En fin de semaine dernière le Collectif parlementaire de la Droite populaire a convié la presse pour fêter le premier anniversaire du collectif.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’invitation n’est pas passée inaperçue ! En fin de semaine dernière le Collectif parlementaire de la Droite populaire a convié la presse pour fêter  le premier anniversaire du collectif. Enfin pas tout à fait car le tract déclare aussi : « Apéritif saucisson vin rouge afin de fêter dignement la fête nationale »…

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L’annonce a fait tout de même l’effet d’une bombe, car l’invitation n’a rien d’anodine et se place dans la droite ligne des apéros « saucisson pinard » initiés par Riposte laïque, le Bloc identitaire ou encore le FNJ.

Certains semblent tomber des nues de découvrir que cette branche parlementaire de l’UMP qui aime se faire appeler « Droite décomplexée » puisse jouer avec la fibre nationaliste. En y regardant de plus près, cette invitation n’est finalement pas une provocation en soi : c’est une suite logique d’un groupe qui se veut de plus en plus pressant auprès de l’Elysée.

DP2Au lendemain de régionales catastrophiques pour l’UMP, qui ont marqué une forte poussée du Front National, un vent de droitisation souffle dans l’hémicycle. Dénonçant l’ouverture de Sarkozy à la Gauche, Lionnel Luca et Thierry Mariani estiment que le président a été élu pour faire appliquer avant une politique de droite. En juin 2010, ils fondent le Collectif parlementaire de la Droite populaire et rédigent sa Charte. Le 14 juillet, le collectif s’honore de la signature de 25 députés autour de la charte qu’ils ont établie.

Que retenir de cette charte ? L’importance accordée à la Nation, le patriotisme et la République. Et la charte de marteler : « Contre les tabous du ‘politiquement correct’, nous sommes attachés au patriotisme pour redonner fierté, espoir et ambition aux Français. Fiers de notre langue et de notre histoire, nous défendons aussi les symboles de notre Nation ».

Par ailleurs, le collectif affirme haut et fort son opposition « au communautarisme qui abîme la France et dissout la Nation. Nous défendons les valeurs de la République, tout particulièrement la laïcité contre l’intégrisme religieux. Ceux qui choisissent de vivre en France doivent adhérer aux valeurs de notre République par une démarche volontaire. L’immigration doit être contrôlée et maîtrisée. »

Pour le reste le collectif insiste sur les valeurs de la France et de son rayonnement, et tout particulièrement sur quelques aspects qu’ils estiment primordiaux : la transmission des valeurs morales et civique à l’école, la famille comme « pilier qui garantit la solidité de notre cohésion sociale » et enfin la sécurité comme « première des libertés »…

DP3Des thèmes très à droite, très portés sur le patriotisme et qui a tout pour séduire un certain électorat. D’ailleurs, les fondateurs n’en font pas un secret. Michel Voisin, un des membres fondateurs, le confiait auFigaro en mars dernier après les cantonales, à propos du cordon sanitaire auquel s’était astreint la droite depuis toujours : « La droite ne peut plus appréhender le Front national, comme du temps où François Mitterrand le diabolisait ».

« Le problème du FN mérite une analyse plus poussée », poursuit-il. Il faut écouter nos électeurs sur le terrain. Pour eux, le vote FN n’est plus seulement un vote contestataire. Le parti de Marine Le Pen a changé. Il faut en parler (…) ».   « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », ajoute Bernard Carayon, qui regrette l’appel de Fillon à voter « contre le FN ».

Ajoutons à cela la position encore moins ambigüe de dès octobre 2010 de Christian Vanneste, autre membre fondateur du collectif (« Il est nécessaire et indispensable que l’on arrive à cette union de toutes les droites, y compris avec le FN », dont il dit que « c’est un parti comme les autres ») et l’on verra que le dessin jadis esquissé par Bruno Mégret, notamment lors des régionales 1998, qui lui valut l’ire du fondateur du FN, et son exclusion, prend forme…

Il faut dire que ce collectif, composé tout de même de plus de 40 députés UMP ou apparentés à présent sur les 314 que comptent l’Assemblée, a tout pour séduire l’électorat frontiste et confirmer le fait, qu’à droite, les idées du FN ont clairement fait leur chemin…

On l’a vu dans la charte, les questions relatives à l’immigration et à l’identité nationale sont très au cœur de ce collectif. En janvier 2002, Thierry Mariani avait refusé de voter la loi qui reconnaissait le 19 mars 1962 comme Journée nationale du souvenir au victimes de la guerre d’Algérie. Le 5 mai 2006,Lionnel Luca demande l’abrogation de l’article sur l’enseignement de l’esclavage en ajoutant : « ceux qui au Antilles font toutes sortes d’amalgames avec l’esclavage ne crachent pas sur le RMI des anciens colonisateurs ». Le même député se singularise en en 2009 à propos de l’exclusion des réfugiés afghans en déclarant : « Je trouve un petit peu indécent qu’on s’apitoie sur leur sort quand au même moment nos soldats se battent pour leur liberté. S’ils étaient des hommes, ils se battraient aussi pour leur liberté, sur leur territoire ».

Un brin zélé les membres du collectif sur la question d’immigration ? Sans doute un peu trop puisque Nicolas Sarkozy leur a demandé de lever le pied en juin dernier pour se consacrer davantage au social : « Lâchez un peu les questions d’immigration et d’insécurité. Claude Guéant s’en charge très bien. Recentrez-vous sur le social ». Il faut dire qu’avec Monsieur Guéant, la coupe est déjà bien pleine…

DP6Le social est d’ailleurs au cœur de leurs valeurs et le parcours de certains membres du collectif le montrent bien, comme Georges Mothron, maire d’Argenteuil qui s’est singularisé pour avoir fait voter un arrêt antimendicité dans sa ville et pour avoir fait usage du Malodore pour repousser les SDF. Toujours plus social, Lionnel Luca a proposé cette semaine d’interdire la grève pendant les vacances

Autre point d’accord avec le Front National, bon nombre de députés du collectif sont pour le rétablissement de la peine de mort et le 8 avril 2004, certains d’entre eux ont soutenu la proposition de loi 1521 qui visait à la rétablir pour les auteurs des actes terroristes (Jean-Michel Ferrand, Franck Gilard, Daniel Mach, Eric Raoult). Lionnel Luca va encore plus loin puisque en 1997, il a carrément déclaré à propos de la peine de mort que c’est « la seule façon d’empêcher la récidive des crimes sexuels ». Sur ce point là, trouver la différence avec le Front National s’avère un peu plus complexe que de retrouver Charlie dans la foule…

Si le collectif déclare que la sécurité est la première des libertés, il joint la pratique à la théorie puisque Eric Raoult fut le premier à décréter le couvre-feu dans sa commune lors des émeutes qui embrasèrent nos banlieues en 2005… Logique puisque sa commune fut une des moins touchées du secteur. Monsieur Raoult qui, on s’en souvient, a pris soin de rappeler l’importance de la liberté d’expression en France quand il avait demandé au Prix Goncourt, Marie Ndiaye, un devoir de réserve, elle qui avait osé dire que la France de Sarkozy était « monstrueuse »…

Il faut dire que pour certains membres du collectif, la liberté d’expression ne peut aller que dans un sens : celui de la Droite décomplexée. Ainsi,il a officiellement soutenu Eric Zemmour, dénonçant « la judiciarisation du débat d’idées », en ajoutant : « Des initiatives seront prises prochainement afin de faire prévaloir la liberté de pensée fondée sur l’examen rationnel des arguments et non sur la diabolisation de certains protagonistes, coupables de quitter les sentiers battus de la pensée unique ».

DP4Pour autant, cela n’a pas empêché Jean-Marc Roubaud d’être moins regardant sur la liberté d’expression puisque en mars 2006, il soumet à l’Assemblée Nationale un projet de loi visant à interdire les propos et les actes injurieux contre toutes les religions… Ce qui revenait en somme de rétablir l’interdiction du blasphème pourtant aboli en… 1791 !

Liberté de parole enfin dénoncée pour Roselyne Bachelot, puisque le collectif a tout bonnement réclamé sa démission pour son manque de solidarité avec les députés de la majorité dans l’affaire du mariage gay.

Mais là encore une fois, on touche un sujet hautement sensible. Si dans la charte la mention peut passer relativement inaperçue, le collectif ne mégote pas sur la famille : « Le collectif de la droite populaire croit en la famille, pilier qui garantit la solidité de notre cohésion sociale. Au sein des familles, l’éducation, les repères et la solidarité entre les générations doivent être promus et encouragés ». Et force est de constater que la famille et les repères de la société ne passent pas par l’homosexualité.

Faut-il rappeler l’ensemble de l’œuvre de Christian Vanneste qui de l’ « aberration anthropololgique » à l’amalgame entre pédophilie et homosexualité, n’a plus à fournir de preuve pour donner davantage de lettres de noblesse à l’homophobie. Brigitte Barèges l’a rejoint en obtenant la meilleure entrée de l’année, directement dans le top 10 de l’homophobie avec son célèbre « et pourquoi pas avec les animaux » quand l’Assemblée évoquait l’union de deux personnes du même sexe. Problème, Madame Barèges s’adonne au plagiat d’un de ses collègues du collectif, puisque François Vannson l’avait déjà faite en 1999, décliné sous une autre forme : « et les animaux de compagnie ? » à propos de personnes concernées par le PACS…

D’ailleurs, étrange transition entre Madame Barèges et Monsieur Vannson que l’affaire du PACS. Car, à regarder de plus près cette liste des membres fondateurs, une dizaine d’entre eux ont un point commun, et non des moindres, concernant la période du PACS : Lionnel Luca, alors maire de Villeneuve-Loubet, Patrice Calméjane alors Adjoint de son propre père à Villemomble, Bernard Carayon, maire à Lavaur, Jean-Michel Ferrand, maire de Carpentras, Franck Gilard, maire d’Andelys, Daniel Mach, maire de Pollestres, Richard Mallié, maire de Bouc-bel-air, Eric Raoult, maire de Raincy, Michel Voisin, maire de Replonges ou encore Bernard Reynes, adjoint au maire de Chateaurenard…

DP5Leur point commun ?Ils ont tous signé (ou presque pour les adjoints) la pétition contre le CUS, le contrat d’Union Social, projet de départ du PACS. Outre l’opposition « à la mise en place d’un contrat d’union pour les personnes de même sexe » la pétition dénonçait « l’implication du maire en tant qu’officier d’état civil dans les célébrations d’un contrat de ce genre » et appelait les maires à refuser d’unir deux personnes du même sexe même si la loi leur imposait.

La liste des signataires est publiée dans Les Anti-PaCS ou la dernière croisade homophobe, par Caroline Fourest et Fiammetta Venner qui analysent : « En menaçant de ne pas appliquer une loi de la République, les maires anti-CUS ont (…) commis un abus de pouvoir en contradiction avec leur mission ».

Il est alors temps de relire la Charte du collectif : « Nous défendons les valeurs de la République »

Alors favorables pour certains à la peine de mort, quelques mesures anti-sociales ici ou là, une immigration choisie et contrôlée, quelques dérapages et autres déclarations fracassantes, une homophobie latente et à présent un apéro saucisson vin rouge. Mais dites moi, le 12 juillet le Collectif de la Droite populaire ont-il fêté dignement la fête nationale ou la fête nationaliste ?

Retrouvez cet article directement sur le blog d’Yves Delahaie en cliquant ici

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Posté par Eugène, le 25 juillet, 2011 à 21:56

C’est vrai qu’ils ont oublié le chorizo pour nos amis Espagnol et Portugais.