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L’affaire Wauquiez ou de la stratégie du fusible selon Nicolas Sarkozy

Une affaire tellement incroyable… que je n’en crois pas un mot. Pas un seul.

Quel capharnaüm suite aux déclarations fracassantes de Laurent Wauquiez ! Lui, le bon élève de la classe Sarkozy, le benjamin, le genre d’abonné au premier rang, toujours bien élevé, toujours bien coiffé, toujours tout sourire, que l’on a envie de baffer à la sortie de la récré. Incroyable scénario qui voit cet homme au parcours sans faute, à la rhétorique si policée, à la pensée toujours nuancée se faire prendre comme un débutant.

Oui tellement incroyable… que je n’en crois pas un mot. Pas un seul.

 

Revenons un peu sur les polémiques de l’UMP. Difficile d’en dresser une liste exhaustive depuis le début du quinquennat. Chaque semaine, des sorties, en apparence incontrôlées, viennent émailler le quotidien des médias qui, trop heureux se de mettre un peu de soufre sur la dent, en font leur choux gras en déclinant à l’envi ce mot devenu comme un tic de langage  : couac. Et force est de constater que le rythme s’accélérant, le couac est devenu le toc de l’UMP :

Des immigrés dans un bateau jusqu’au débat sur la laïcité, de la suppression du bouclier fiscal à celle de l’ISF, d’une laïcité « ouverte » prête à financer des mosquées jusqu’au rétablissement d’un concours d’entrée en sixième type « certificat d’étude », des salles de shoot jusqu’à la possibilité envisagée de faire composer des étudiants juifs la nuit pour cause de Pâques juive, de la destitution possible de la nationalité française au sentiment de ne plus être chez soi, de la croisade en Libye à l’embauche à vie des fonctionnaires…

Toutes ces sorties médiatiques qui ont alimenté la chronique et provoqué tollé sur tollé ne sont pas toutes l’œuvre d’anonymes députés de l’UMP en mal d’images, comme l’excentrique et non moins extrémiste Chantal Brunel ou encore l’inutile Christian Jacob. Non. Ils ont pour la plupart des noms biens connus, des fonctions parmi les plus hautes placées, des responsabilités qui montrent la confiance qu’a en eux Nicolas Sarkozy : Valérie Pécresse pour l’histoire des étudiants juifs, Jean-François Copé pour le certif’ et le débat sur la laïcité, Roselyne Bachelot pour la salle de shoot, Benoit Apparu pour la laïcité light ou laïcité zéro selon vos goûts,  Brice Hortefeux pour la destitution, et Claude Guéant pour… l’ensemble de son œuvre.

Et croyez-vous que tout ce joli monde se permettrait autant de dérapages, autant de polémiques, tous porteurs d’opprobre publique et de baisse dans les sondages avec la mansuétude de Nicolas Sarkozy ? Pensez-vous vraiment que tout ceci serait le fruit d’un hasard et d’une totale improvisation ? En tous cas, les médias semblent le croire puisqu’ils relayent chacune de ces polémiques. Et les opposants politiques n’en ont cure puisque cela donne de l’eau à leur moulin de la critique pavlovienne. Tout est beau dans le meilleur des mondes.

Sauf que tout ceci est parfaitement calculé. Avec deux mots d’ordre : tester l’opinion publique. Mais surtout que l’on en parle. Et ça marche.

Pour preuve, analysons la dernière en date, celle par laquelle j’ouvrais mon billet, celle de Monsieur Wauquiez.

En apparence, tout ressemble à une sortie de route : le style « l’assistanat, cancer de la société », les remontrances de Fillon qui affirment que la séquence sur le bilan des quatre ans vient d’être gâché, la gauche, les Verts, Mélenchon, les faux-culs faux-centristes avec Daubresse en tête à queue avec le parti dont il est vice-président, le relais médiatique tambour battant… A l’unisson.

Sauf que cette idée n’a pas eu que des opposants. Et les débats se multiplient pour savoir si c’est une bonne ou une mauvaise idée. Encore une fois, la droite se divise entre des libéraux qui veulent se droitiser et les autres qui jouent les offusqués. En arbitre, Fillon et Sarkozy viennent siffler la fin de la récré et tranchent en faveur des plus bruyants, ceux qui se sont plaints. « On en tiendra compte pour le programme de 2012 »… Le beau rôle. Officiellement on a gâché le bilan des quatre ans. Officieusement, qui a pu croire deux secondes dans l’entreprise de persuasion lancée par le gouvernement pour vanter quatre années d’incompétence ? En ces temps où les primaires socialistes et les affaires de jaguar prenaient trop de place, il était temps de reparler un peu de l’UMP. Le coup de comm’ est parfaitement réussi.

D’autant, qu’en idiot utile, Martin Hirsh, papa du RSA, vient le rappeler et y ajouter sa graine :

 

Cette intervention est autrement plus efficace pour vanter le bilan des quatre ans, surtout de la part d’un débarqué plutôt amer, trop content de faire la leçon, plutôt que la campagne d’affichage et de publication organisée par Sarkozy et sa fine équipe de comm’, non ?

Autre point subtile, notée par Nicolas Domenach : l’idée ne vient pas de Wauquiez, ce dernier n’étant que le porte-parole d’un conseiller et non des moindres : Patrick Buisson !

 

Pensez-vous vraiment que Monsieur Buisson se serait permis une telle sortie, même déguisée sous les oripeaux du délégué aux affaires européennes, sans en avoir averti le Président lui-même ? Quelle bonne blague !

Et à ceux qui douteraient que l’Elysée soit capable de pareil manœuvre, sans doute faut-il rappeler ce passage de l’émission Complément d’enquête diffusé lundi soir sur France 2 et qui évoquait les stratégies pour le moins farfelues de Monsieur Buisson et qui ont tant de succès auprès du Président :

 

La stratégie est donc bien double ici : à court terme, créer du débat et quoi qu’il arrive avoir le bon rôle (celui qui arrête les polémiques quitte à renier les siens, ou au mieux, prendre l’idée au vol si la réception se veut positive), et faire doper le score du Front National en créant un climat délétère. C’est à présent une certitude : Wauquiez n’est qu’un prétexte, un simple vecteur d’une idée voulue par Sarkozy et soufflée par son conseiller Monsieur Buisson. Rentrant dans son logiciel politique qui condamne l’assistanat, l’idée a pu ainsi atteindre l’opinion publique et très vite dans les 48 heures un sondage d’opinion viendra confirmer ou infirmer l’opportunité d’une telle proposition de loi. C’est la stratégie du fusible : s’il tient malgré le court-circuit, il le laisse et l’utilise. S’il a sauté, il pourra le remplacer par un autre et dire que le permier était responsable de la panne. Ce qu’il ne dit pas, c’est que l’incendiaire a un nom composé : Nicolas Sarkozy Buisson.

Vous n’êtes pas encore convaincus ? Ne vous inquiétez pas ! A encore 11 mois de la Présidentielle, vous n’avez encore rien vu…

 

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yvesdelahaie
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Posté par ARTOUTE, le 13 mai, 2011 à 19:46

Je félicite Laurent wauquier, et si c’est de la com, c’est de la bonne com!!!!
Il faut arrêter ces médias poubelles dont vous faites parti. Je ne suis absoluement pas du FN
C’est vous avec vous avec vos mensonges , vos déformations, votre critique systématique, votre absence d’idées qui faites le lit du FN, c’est grave!!!
On en à marre nous qui travaillons de faire vivre certains. C’est judicieux de demander d’exécuter une tache d’intéret public à des personnes sans emploi. D’autre part le RSA c’est tré bien mais c’est pas suffisant. C’est quand même honteux pour notre gauche que se soit un gouvernement de droite qui est les meilleures propositions sociales. L’assistanat et les redistributions sont bien le cancer de notre société.
Avec les 35h on à démotivé les salariés, et plus grave , on à blombé l’économie Francaise pour des décennies.!!

Posté par Jeylo, le 14 mai, 2011 à 11:10

J’approuve complètement cet article.
On montre enfin l’hypocrisie et la manipulation des gouvernants, où le hasard n’a jamais eu sa place.
C’est malheureusement loin d’être le cas pour les autres journaux qui transmettent bêtement l’info, alimentant le feu allumé par notre cher Sarkozy.