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Produire à nouveau en France

Il n’est pas besoin d’être extralucide pour constater que le monde, notre société, notre pays traversent une crise existentielle, de civilisation, comme il en arrive en gros tous les siècles… à chaque fois qu’un cycle se termine. La crise actuelle est peut-être, l’avenir nous le dira, la plus profonde de par le nombre de personnes impactées par celle-ci.

Toute crise, quelle soit personnelle ou collective, pousse l’entité concernée dans ses retranchements, et met en jeu sa capacité de résilience, c’est-à-dire sa capacité à rebondir ou non face à l’adversité. Ainsi certains sombrent et d’autres sortent plus forts de l’épreuve. Ce qui est caractéristique de notre époque, c’est que plusieurs entités simultanément doivent faire preuve de résilience ; c’est le cas par exemple de l’Europe, de la France, du modèle économique actuellement dominant qu’est le capitalisme, des religions, voire de notre planète qui va à terme accueillir 9 miliards de personnes et devoir faire face à des désastres écologiques de premiers plans. Bref tout bouge de partout dans un laps de temps très court.

Nous ne pouvons laisser le Titanic couler sans rien faire ; nous ne pouvons sombrer dans la désespérance. Nous avons un devoir de résilience, de retrouver l’optimisme générateur et rassembleur d’énergies. Comme dit le sage, tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Profitons de ces crises pour rebondir.

L’objet de cet article n’est néanmoins pas de traiter de tous ces sujets, mais de se focaliser sur un seul, i.e. la réindustrialisation de la France.

Pourquoi se focaliser sur la réindustrialisation ?

Pour traiter un problème, il est nécessaire d’adopter une démarche cohérente et de ne pas disperser ses ressources. Il faut également trouver un fil d’Ariane que l’on va tenter de dérouler au mieux. Ce fil conducteur est celui qui va réinjecter de l’optimisme, de l’espérance dans la collectivité ; j’ai nommé l’emploi.

Ne nous voilons pas la face, le tournant vers les activités de  services enclenché dans les années 90 n’a pas porté de fruits ni pour nos sociétés, ni pour les multinationales qui s’y sont données corps et âme à l’exception peut-être d’IBM et de quelques autres ; cela était même prévisible. Tout comme le travail est le seul générateur primaire de croissance, l’industrie est le seul moyen de générer des services pérennes. Le passé nous montre que c’est l’industrie qui est la plus à même de créer une masse suffisante d’emplois génératrice d’une croissance durable.

Il y a un autre vertu à réindustrialiser la France (et l’Europe en général) ; en des temps troublés, l’avenir n’est jamais sûr. Qui peut dire aujourd’hui  ce que cera l’Euro demain ? Qui peut dire ce que sera la fédération de Russie après les élections russes de 2012 ? Qui peut dire ce que sera la réaction de la Chine à la création probable du plus grand marché de libre échange mondial qui regroupera l’ALENA et nombre de pays d’Asie comme le Japon, le Vietnam, etc., encerclant de fait la Chine ?

« Si vis pacem, para bellum » disaient les romains. Nous pouvons transformer cette maxime en une moins  guerrière : « si tu veux ton indépendance, donne t’en les moyens ». L’Europe, la France  doivent être en partie auto-suffisantes pour ne pas dépendre uniquement de l’extérieur, tant en approvisionnement énergétique, que de biens manufacturés. L’industrie est le vecteur pour atteindre cet objectif et engendrer une dynamique qui va irriguer des domaines connexes comme la recherche, l’éducation, les services…

Comment procéder ?

La méthode dans son principe est simple :

  • Faire l’état des lieux de nos forces et faiblesses actuelles,
  • Recenser nos ressources réelles tant financières que techniques et humaines,
  • Faire de la prospective sur les domaines porteurs à venir,
  • Etablir le chemin critique, c’est-à-dire identifier les points incontournables sans lesquels tout autre effort ne sert de rien.
  • Simplifier, puis choisir les secteurs clefs sur lesquels focaliser nos  efforts

Cette démarche doit être effectuée bien entendu tant  au niveau national, qu’européen, pour peu que les européens désirent encore travailler et vivre ensemble, ce que je souhaite pour ma part.

Les choix effectués, il faudra les mettre en œuvre. Il est illusoire de penser que le « marché » sera moteur dans ce domaine. Le retour du politique est incontournable. Que serait la France d’aujourd’hui si elle ne vivait pas sur la queue de comète initiée au début des années 70 par Pompidou puis Giscard ? C’est à cette époque que des programmes majeurs ont vu le jour tels que Ariane, le TGV, le nucléaire, les télécommunications, l’aéronautique, le spatial… Notre devoir est aujourd’hui de remettre tout cela à plat, et de voir comment initier à partir de nos acquis une nouvelle dynamique. Nous pouvons trouver les idées en nous même mais aussi à l’étranger (Allemagne pour son réseau dense de PMI, ainsi que sa politique énergétique ambitieuse ; la  Corée et la Finlande pour leurs  redressements spectaculaires dans les années 90/2000, la Corée encore pour sa constitution de Chaebols performants, etc.).

A quelle échéance ?

Le facteur temps est une variable clef de l’équation ; je dirais plutôt en fait les facteurs temps. Il nous faut raisonner sur plusieurs échelles de temps différentes et néanmoins concomitantes. Ces échelles de temps différentes ne sont pas parallèles mais intimement liées.

Il faudra donc raisonner sur  trois échelles de temps différentes, à savoir le court, le moyen et le long terme, i.e. le terrain opérationnel, tactique puis stratégique. Une des difficultés de ce genre d’approche, pourtant classique, réside dans une communication pédagogique à l’égard des citoyens,  communication qui doit donner de l’allant, de l’énergie et des perspectives claires du pourquoi des choix effectués ou à effectuer.

Quelles industries concernées ?

Sans présager des résultats de l’application de la méthode décrite ci-dessus, on peut déjà brosser quelques éléments du canevas final. Il y a plusieurs logiques à respecter pour effectuer les choix finaux. Une logique d’auto-suffisance sur les secteurs clefs identifiés comme vue plus haut, et une logique axée sur l’exportabilité de nos produits, seule logique créant une croissance exogène. On peut greffer sur  ces deux logiques des logiques secondaires comme la logique environnementale, la logique sociale, etc. Ces logiques secondaires sont importantes mais forcément inféodées aux logiques primaires.

Pour ma part, l’industrie qui se détache du lot est celle de l’énergie. Ce n’est pas pour rien que ce sujet est dans l’air du temps, cf les débats autour du nucléaire en ce moment.

Le secteur de l’énergie a pour vertu de pouvoir combiner plusieurs logiques de croissance simultanément. Citons celle de l’auto-suffisance, de l’exportabilité, de l’environnement, de développement territorial, que sais-je encore…

Pour être plus précis, ce n’est pas le secteur de l’énergie nucléaire qui est concerné bien entendu. Pour ne prendre qu’un exemple, le critère d’exportabilité du nucléaire français n’est plus rempli pour de nombreuses années tant à cause de ce qui s’est passé à Fukushima, que des déboires des divers EPRs en construction par AREVA ou par EDF. Cela ne veut pourtant pas dire tirer un trait définitif sur l’énergie nucléaire… La construction à Cadarache du démonstrateur ITER va bon train, et ouvrira peut-être la voie au développement de centrales propres basées non pas sur la fission mais sur la fusion.

Si la voie de l’énergie est choisie (parmi d’autres) pour que la France, l’Europe puissent rebondir, les règles du jeu mondial devront être repensées. Si vous ne protégez pas la jeune pousse des prédateurs ou des agressions extérieures, elle n’aura aucune chance de porter un jour du fruit. Il faudra mettre un tuteur à celle-ci, voire la protéger par un filet, le temps qu’elle soit suffisamment solide pour coexister pacifiquement  avec les autres. Certains appellent cela du protectionnisme, mot que je trouve inadéquat tant il possède une connotation défensive. Je préfère le terme d’écluse ; on laisse l’eau monter jusqu’au moment où le bateau peut rejoindre seul la haute mer.

Liens de réflexion…

Voici quelques liens pour alimenter la réflexion :

Bien cordialement

Retrouvez l’article sur le blog de Pour un Vendômois vivant, moderne et solidaire, en cliquant ici.

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