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Comparaison France-Allemagne : quel modèle privilégier?

00:44 dans Non classé par Marie-Anne Kraft

L’Allemagne est souvent citée en exemple, voire comme modèle en ce moment. Je vous propose donc ici une synthèse des caractéristiques du modèle allemand, quelques arguments sur le niveau du coût du travail, de la productivité et la fiscalité allemande, ainsi qu’un tableau de synthèse comparatif ci-dessous, afin de vous forger vous-même une opinion.

Comp France-Allemagne 2009-2010.xls

L’Allemagne est cité en exemple notamment par François Bayrou pour la force de son industrie, de ses exportations, de sa compétitivité, ainsi que par Nicolas Sarkozy maintenant pour sa rigueur budgétaire et la rigueur salariale qu’elle a su imposer pendant dix ans pour absorber le coût de la réunification et s’imposer plus compétitive, renouant avec les excédents de balance commerciale et abaissant son taux de chômage à un niveau en dessous de 7% pendant que la France atteint presque 10%. En 25 ans, la part de l’industrie en France est tombée de 30% à 14% du PIB contre 29% en Allemagne. Pendant que la France acceptait et même favorisait sa désindustrialisation, profitant des productions à bas prix des pays émergents, l’Allemagne, elle, a profité de ces 20 dernières années pour renforcer sa compétitivité par un soutien d’un tissu local de grosses PME dynamiques à l’export, la spécialisation dans le haut de gamme qui lui a permis de construire une image de marque « made in Germany » et un transfert partiel de charges sociales surla TVA (TVA sociale).

Nous trouvons aussi des détracteurs, dénonçant la hausse de la pauvreté et des inégalités en Allemagne, l’absence de salaire minimum, l’augmentation de la précarité, des contrats à temps partiel et à durée déterminée, la stagnation des salaires, préférant citer en exemple les pays nordiques, qui ont su allier croissance économique et protection sociale, certes au prix d’un taux très élevé de prélèvements obligatoires (50%, le plus élevé d’Europe).

 

Qu’est ce qui caractérise le modèle Allemand ?

On parle souvent de « capitalisme rhénan » ainsi décrit (cf. Wikipedia) :

  • un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la bourse dans le financement des entreprises,
  • une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés,
  • un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l’État dans la vie des entreprises,
  • un système de protection sociale très développé,
  • une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements.

 

Citons aussi le dynamisme des entreprises allemandes, le tissus industriel de leurs nombreuses PME qui maillent le territoire, la décentralisation territoriale et l’équilibre des régions, la puissance des syndicats et de la négociation entre le patronat et les partenaires sociaux, l’importance des corps intermédiaires et enfin leur modèle politique bien plus démocratique qu’en France en termes de représentation des partis (50% de proportionnelle pour les élections des députés pour les partis ayant obtenus plus de 5% des voix).

 

Politique économique des dix dernières années
Depuis dix ans, l’Allemagne a pratiqué une politique de l’offre, favorisant les entreprises : flexibilité du travail, modération salariale, pas de salaire minimum, … Ce qui a induit au début pendant cinq ans une faible croissance puis un effet positif sur les cinq années suivantes : gain de parts de marché, amélioration de la rentabilité des entreprises, hausse des exportations et c’est maintenant qu’on améliore les salaires (+3% en 2011). L’industrie allemande a cru de 33% de 1997 à 2007.
Selon une étude du DIW, le principal organisme de recherches économiques, le pouvoir d’achat réel des Allemands a baissé de 4,7% sur les dix dernières années.
En France en revanche, nous avons pratiqué pendant dix ans une politique de la demande, une hausse des salaires (sur cette période la part des salaires dans le PIB a augmenté), ce qui a induit une croissance supérieure à celle de l’Allemagne pendant cinq ans, mais la France a perdu 50% de ses parts de marché à l’exportation et 40% de ces emplois industriels.
Maintenant, il faudrait une politique de l’offre en France et une politique de la demande en Allemagne …

Source : http://www.franceculture.fr/emission-l-economie-en-questions-deficits-publics-comparaison-france-allemagne-enquete-insee-effet-d

Coût du travail et productivité
Même après une politique de modération salariale pendant 10 ans, les salaires bruts et nets sont en moyenne toujours plus élevés en Allemagne qu’en France :
- le coût du travail est plus élevé en Allemagne, en brut (+34%) commet en net (+6%),
- pas de salaire minimum en Allemagne, si bien qu’on trouve des employés rémunérés 6 euros nets de l’heure (contre 9 en France pour le salaire minimum), l’Allemagne compte 6,5 millions de travailleurs pauvres touchant moins de 10 € brut de l’heure (soit environ 20% de la population active), mais Angela Merkel s’est récemment prononcée en faveur d’un SMIC par secteur d’activité,
- les charges sociales patronales sont plus élevées en France mais les charges sociales salariales sont plus élevées en Allemagne et donc au final les salaires allemands sont plus élevés en moyenne pour permettre aux salariés de payer leur couverture sociale, avec aussi plus de recours à des complémentaires privées santé et retraite,
- les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France en % du PIB (43% comparé à 37% en Allemagne) mais la part des prélèvements sociaux et de l’impôt sur le revenu dans le coût du travail est supérieure en Allemagne (52% contre 49,3%),
- la productivité (PIB/heure travaillée) est en moyenne meilleure en France qu’en Allemagne,
- la durée effective hebdomadaire moyenne est presque équivalente (41,7h en Allemagne contre 41h en France),
- marge brute des entreprises non financières bien supérieure en Allemagne (42% contre 30% en France), permettant aux entreprises allemandes de s’autofinancer alors que les entreprises françaises empruntent aux banques ou aux marchés.
Sources :
http://www.securite-sociale.fr/comprendre/dossiers/comptes/2010/ccss201006_fic-07-1.pdf
http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/02/23/salaires-cout-du-travail-les-differentiels-france-allemagne/
http://www.ifrap.org/Cout-du-travail-une-comparaison-France-Allemagne,11988.html)

Emploi 
Avant la crise, en 2007, le taux de chômage était équivalent en France et en Allemagne (8,4%). Fin 2011, il passe en dessous de 7% en Allemagne alors qu’il passe à presque 10% (9,7%). L’Allemagne a beaucoup utilisé le chômage partiel notamment pendant la crise, pour maintenir les emplois au prix d’une réduction salariale, ce qui a permis une reprise ensuite sans perte de compétences pour les entreprises.
Le taux d’emploi est de 67% en Allemagne contre 63% en France.
La population active représente 51% de la population en Allemagne contre 45% en France.

Innovation
Les dépenses en R&D sont supérieures en Allemagne (2,54% du PIB contre 2,09% en France) et la part des brevets déposés sur le total européen (en 2008) est de 18,2% pour l’Allemagne contre 6,2% pour la France.

Commerce extérieur
Le solde commercial extérieur est très excédentaire en Allemagne (154,3 milliards d’€ en 2010) alors qu’il est très déficitaire en France (-68 milliards en 2010 et il atteindra -75 milliards fin 2011), déficitaire face à tous les pays de la zone euro sauf la Grèce !
L’Allemagne demeure le premier client de la France et absorbe 16,25% des exportations françaises. La France est également le premier client de l’Allemagne, celle-ci y réalisant 10,1% de ses exportations.

Dépenses publiques

« D’après la Commissioneuropéenne, les dépenses publiques seront en 2011 de 45,3 % du PIB en Allemagne et de 55,8 % en France, soit une différence de 10,5 % du PIB. Si la Franceavait les mêmes dépenses publiques que l’Allemagne, elle en aurait  212 milliards d’euros de moins (10,5 % x 2017= 212), ce qui lui permettrait de baisser les impôts de 100 milliards d’euros avec un budget en équilibre. L’enjeu justifie une analyse sérieuse de la différence. » «Source avec détail des dépenses comparées par secteur : http://www.lecri.fr/2011/06/19/depenses-publiques-comparaison-france-allemagne/23916

Déficit public et dette publique

Le déficit public allemand (3,3% du PIB en 2010, 2,5% en 2011) est bien inférieur au déficit public français (7,7% en 2010, 7% en 2011) et il est lié uniquement au plan de relance de crise et à la charge d’intérêt de la dette importante, alors que pour la Francela crise n’explique que un tiers du déficit.
La dette publique allemande est importante (73,4% du PIB en 2010 et 79% en 2011 comparé à 78,1% en 2010 et 91% en 2011 en France). L’importance de la dette allemande est expliquée par le coût de la réunification conduite depuis la chute du mur de Berlin.
Notons que l’Allemagne a inscrit une règle d’or dans sa constitution, interdisant les déficits publics de fonctionnement.

Démographie
C’est clairement le point fort de la France (plus de 2 enfants/femme contre 1,4 pour l’Allemagne et population moins âgée avec 16,7% de personnes de plus de 65 ans contre 20,2% pour l’Allemagne et avec 18,4% de moins de 15 ans contre 13,5% pour l’Allemagne.
L’Allemagne devra compenser ce déficit démographique, ce vieillissement de population qui pose un problème de financement des retraites, par une immigration. Elle est déjà en train de se produire : voir cet article sur le rebond de l’immigration en Allemagne sur 2011, essentiellement d’origine européenne, notamment de Grèce, d’Espagne, du Portugal et des pays de l’est qui en général parlent bien allemand, de jeunes bien formés en l’occurrence :

http://www.challenges.fr/monde/20111222.CHA8580/l-allemagne-attire-de-plus-en-plus-d-etrangers.html

 

Fiscalité
Le poids de la fiscalité atteint 14,5% de la valeur ajoutée en France contre 7,8% en Allemagne.L’impôt sur les sociétés est équivalent (entre 30 et 33% en Allemagne, 33,3% en France mais avec des allègements (niches fiscales) qui profitent plus aux grandes entreprises qu’aux petites.
L’impôt sur le revenu est prélevé à la source. Voir explications : http://www.connexion-francaise.com/articles/les-impots-en-allemagne
La TVA est de 19% en Allemagne, comparé à 19,6% en France hors taux réduits.
L’Allemagne a dû financer la réunification, un chômage très important à l’Est et les Allemands ont consenti à cette solidarité. Les 3% de hausse de TVA ont servi en partie à cela : 2 points, alors que 1 point seulement au titre de TVA dite sociale, pour financer la santé en diminuant d’autant les cotisations assises sur le travail. On ne peut pas dire qu’ils ont en cela eu une attitude non coopérative à l’égard des autres pays européens. Ils partaient d’une TVA à 16% et donc sont arrivés à 19%, qui est le taux moyen de TVA dans l’UE.

Education
Le classement PISA 2009 montre que partout la France est rétrogradée alors que l’Allemagne progresse, passant devant la France. Comparé à 2003, la France est passée du 13e au 22e rang en mathématique et du 17e au 22e rang en lecture, alors que l’Allemagne est restée au 16e rang en mathématique et est passée du 21e au 20e rang en lecture.

Pauvreté et inégalités
Le taux de pauvreté et les inégalités sont plus fortes en Allemagne : le taux de pauvreté est de 7% contre 6% en France et le rapport inter quintile mesurant les inégalités de 5 en Allemagne contre 3,8 en France. De même le taux de chômage longue durée est aussi plus élevé en Allemagne (4,7% contre 3,3% en France).

Confiance de la population
Avant la crise, le taux de confiance était meilleur en France (54% contre 46%) et le taux d’épargne équivalent (15% contre presque 17% pour l’Allemagne mais il a grimpé à 17% en France ensuite).

Energie et environnement

L’Allemagne est beaucoup plus en avance que la Franceen matière de protection de l’environnement, d’investissement en faveur de l’écologie et de développement des énergies renouvelables de type photovoltaïque et éoliennes, mais du fait de l’énergie hydroélectrique qui représente 12% de la production électrique en France, contre 3% pour l’Allemagne, la part totale des énergies renouvelables est à peu près équivalente (12-13% en 2008, passé à  15% en France et presque 17% en Allemagne en 2010).
http://www.enr.fr/docs/2011150456_Etatdeslieuxetperspectivesdesnergiesrenouvelables.pdf

Le nucléaire a une part prépondérante en France dans la production d’électricité (76% en France contre 23% en Allemagne) alors que c’est le charbon qui est majoritairement utilisé en Allemagne (44% contre 4% en France). Il en résulte une émission de CO2 bien plus importante en Allemagne qu’en France (958 millions de tonnes contre 527 en France, et 10,1/habitant contre 6,1 en France).

Logement

Le coût du logement est deux à trois fois moindre en Allemagne qu’en France, tant à l’acquisition que concernant les loyers.
En France, les prix d’acquisition ont doublé en 25 ans, alors que les loyers ont subi une hausse modérée (à surface et qualité constantes, ils ont globalement évolué comme le revenu disponible moyen. La dépense de logement a néanmoins augmenté (éclatement des familles,…). Cette hausse généralisée ne semble pouvoir être expliquée que marginalement par l’augmentation du coût de la construction ou un déficit généralisé de construction. La croissance relativement modérée des loyers infirme l’hypothèse d’une pénurie généralisée de logements. En revanche, la rareté du foncier dans les zones les plus demandées contribue probablement assez fortement à la hausse des prix. Cette hausse a aussi été favorisée par l’amélioration de la capacité d’emprunt des ménages, alliée à une fiscalité favorable, qui alimente la demande.
En Allemagne, les prix du logement sont restés stables. L’Allemagne bénéficie d’un vaste parc locatif et a un très faible taux de propriétaires : autour de 43% contre près de 60% en France. Depuis le début des années2000, l’Allemagne construit autour de 290 000 logements neufs par an, de quoi absorber une demande évaluée à « 280 000 par an sur la période 2006-2010.La France met elle en chantier autour de 300 000 logements neufs chaque année, mais les besoins sont estimés à 500 000.

Sources :
http://lexpansion.lexpress.fr/immobilier/comment-l-allemagne-empeche-les-prix-de-l-immobilier-de-flamber_249642.html
http://www.politiquessociales.net/IMG/pdf/CAS.pdf

La perte du triple A : un échec pour Sarkozy

00:44 dans Non classé par TANGUY Jacques

Face à la perte quasiment inévitable du triple A de la France, les proches de Nicolas Sarkozy minimisent à l’avance ce nouvel échec de leur champion. Ils étaient fiers du « triple A ». Aujourd’hui, la note des agences leur importe peu. Où est la raison ?

Ce qui importe, ce n’est pas le jugement des agences mais la compétence économique de ceux qui sont en charge de l’état. Bien qu’il soit exact que les agences de notation servent le plus souvent des intérêts privés, il est certain que l’évaluation qu’elles font de la situation financière des organisations se base sur l’analyse de l’évolution de leurs comptes.

Sans avoir besoin d’être un expert des statistiques économiques, n’importe quel citoyen peut constater que la France est en état d’urgence. Dès lors, comment s’étonner que les agences de notation fassent aussi le constat du déclin de la France ? Il est donc injustifié de mettre en accusation Fitch Ratings, Moody’s et Standard & Poor’s : elles ne peuvent que constater la mauvaise gestion de l’état par l’équipe Sarkozy. En conséquence, si elles doivent sanctionner le déclin de la solidité de ses finances publiques par la suppression du triple A, elles le feront. Elle constatent des faits : elles ne sont pas à l’origine de ce qu’elles voient.

La responsabilité de la dégradation de la note française est clairement celle de Nicolas Sarkozy, un homme qui parle beaucoup et fort, mais qui réussit peu. « Une grande gueule, quoi ! » dirait Bigard. La responsabilité de Nicolas Sarkozy dans le déclin français est lourde. Si la France est en état d’urgence, c’est parce que Nicolas Sarkozy a battu tous les records en termes de déficits budgétaires. Si l’économie de la France va mal, c’est parce que Nicolas Sarkozy a échoué sur le front du commerce extérieur, sur le front du pouvoir d’achat et sur le front de l’emploi. Et c’est à cause de tous les échecs accumulés par Nicolas Sarkozy en cinq ans de présidence que les agences vont sanctionner sa gestion par la suppression du triple A qu’il avait reçu en héritage à sa prise du pouvoir.

Et il prétend faire mieux lors d’un nouveau mandat ? En cinq ans, il nous valu le Déclin. Et il nous propose : « Quitte ou Double ! ». Compte tenu de ses résultats négatifs, il vaut mieux que le peuple choisisse « Quitte ! » et évite un Double Déclin supplémentaire. Avec le Déclin déjà acquis lors de son premier mandat, cela nous ferait un Triple Déclin pour dix ans de sarkozysme. Dix ans pour passer du triple A au triple D. Nicolas Sarkozy peut le faire, soyez-en certains.

Heureusement, les citoyens français ont d’autres choix que celui-là. En 2007, déjà, François Bayrou avait prévenu du risque de la dette, et cela lui donne une crédibilité que n’ont ni Sarkozy, ni aucun autre candidat. La cohérence du programme présidentiel de François Bayrou, que soutient le Modem, est une première réponse à la crise et au déclin économique et moral dans lequel le sarkozysme a plongé la France.

Jacques Tanguy

Bayrou à 13% (sondage LH2) : prudence, travail, vigilance

15:20 dans Non classé par Pirrone Claudio

Il s’agit du LH2/Yahoo de cette nuit. C’est une excellente nouvelle, qui place le candidat soutenu par les Démocrates 4 points plus haut qu’en 2007 après la séquence de candidature, ce qui nous donne à espérer un score peut-être supérieur à 20%, bien que la prudence doit être de mise. De même, malgré la marge d’erreur implicite dans tout sondage, passer de 7% à 13% est trop macroscopique pour ne pas refléter un frémissement réel dans l’opinion.

Cela dit, je souhaite aborder le sujet selon un autre angle d’analyse : la prudence et le constat de la volatilité de l’électorat, qui exalte l’importance des séquences médiatiques.

Pour ce qui concerne la prudence, voici les scores exprimés sous forme de fourchette d’erreur :

Hollande : 27,5 – 35,5
Sarkozy : 22,5 – 29,5
Le Pen : 10 – 17
Bayrou : 9,5 – 16,5
Mélenchon : 4 – 9
Joly : 2 – 7

Autrement dit, il y a pour l’instant trois « couples » bien distincts, où la position relative compte peu (Sarkozy pourrait être devant) et qui possèdent un bon matelas sur les poursuivants. Autrement dit, le deuxième tour pour notre candidat reste encore lointain et ce sondage doit seulement nous inciter à redoubler d’effort. Aucune autosatisfaction ne serait justifiée.

Ensuite, pour les médias. Leur poids semble effectivement excessif, dans cette phase. Des six candidats, les quatre premiers y ont été les plus sensibles. Marine Le Pen qui s’envole après sa nomination à présidente du FN (20%), François Hollande suite aux primaires (frôlant les 40%), Nicolas Sarkozy dans le creux de la campagne socialiste (rattrapage spectaculaire, jusqu’à 30%, proche de son niveau de 2007), maintenant François Bayrou, après une très bonne semaine médiatique.

Le même effet, ne semble pas s’être manifesté pour Mélenchon et Joly, évidemment perçus comme des candidats de témoignage, déjà dans une logique de ralliement de deuxième tour.

Par conséquent, on peut penser que c’est une vraie course à quatre qui s’engage, où la neutralité des médias jouera un rôle immense, ce qui peut susciter des inquiétudes vu l’état de la France sur ce domaine. Par ailleurs, cela confirme mon analyse du mois de mai, si on excepte l’abandon des ambitions de succès de la part des Verts/EE, choix tactique pour s’assurer un groupe parlementaire dans la prochaine Assemblée.

En conclusion, si Bayrou a ses « trois mots » (produire, instruire, construire), nous, ses soutiens devons avoir les nôtres : prudence, travail, vigilance.

Bonne campagne !

Retrouvez l’article de Pirrone Claudio en cliquant ici.

Savez-vous pourquoi Mélanchon n’aime pas Bayrou ?

14:47 dans Non classé par Modérateur

Car le premier a dégainer réagir à l’annonce de candidature de Bayrou fut Mélanchon, le qualifiant d’adversaire et comme le dit l’Express, il ne se passe pas un jour sans qu’il tape sur le leader du Modem. Comme le démontre magistralement notre ami blogeur démocrate, l’argenteuillai sans frontière, le Front de Gauche poursuit avec constance et application sa campagne de désinformation (avec également le soutien de son ami Arnaud Montebourg). Pas moins de 8 billets publiés en 2 jours contre le Modem et Bayrou sur les site de campagne de Mélanchon.

Certains diront qu’entre mouvements politiques différents, opposés, il est normal de s’attaquer. Sauf qu’il y a une fixation et une animosité palpable. Lors des précédentes campagnes électorales des régionales ou cantonales, les seuls militants qui refusaient de nous serrer la main lors des tractages étaient ceux du FDG ; mais qu’est-ce qu’on leur dit sur nous dans leurs réunions de sections, quel message passe le commissaire politique ?

Mélanchon n’aime pas Bayrou parce qu’ils font la même analyse.

Tous les deux ont depuis bien longtemps compris que le principe de parti unique à droite comme à gauche est un artifice qui va s’étioler. Le PS et l’UMP ne peuvent perdurer. Les 5 courants au PS, les 3 à l’UMP sont des additions impossibles de poireaux et de carottes. Cela fonctionne encore grace à un scrutin électoral qui favorise les ambitions personnelles dans une atmosphère d’animosité, si ce n’est de haines internes.

Mélanchon le néo-révolutionnaire n’aime pas les réformistes.

Jean Luc Mélanchon veut tirer le PS vers une gauche ancienne, mélange de propositions à la fois révolutionnaires et conservatrices. Il redoute donc que les réformistes choisissent un autre chemin, celui proposé par François Bayrou, un autre projet de société porté par une nouvelle majorité centrale, composée de personnes compétentes et motivées.

Les réformistes qui s’entendent sur l’essentiel, peuvent aujourd’hui s’unir pour l’intérêt général, les français peuvent le leur demander en votant François Bayrou.

Retrouvez l’article de Philippe Fintoni en cliquant ici.

Interview en 140 signes

12:52 dans Non classé par Cedric Augustin

Les twitt sont affichés de manière antéchronologique (les plus récents en haut). Vous n’avez que les réponses. Pour obtenir les questions, il faut cliquer sur la petite bulle à droite du twitt qui vous ouvre dans le panneau de droite toute la conversation.

Pas la peine de venir troller sur le format. L’avantage c’est que c’est concis, l’inconvénient c’est que c’est concis. Mais comme certains se plaignent des longues interview détaillée… ;)

Et contrairement à d’autres politiques, c’est bien lui qui répond.

Twitter limite à 140 caractères les messages.

Retrouvez l’article de Cédric Augustin, directement sur son site, en cliquant ici.

Bayrou, l’arithmétique et la dynamique

15:10 dans Non classé par herv3torchet

Voilà qui prouve que, une fois de plus, on n’a rien compris (ou on ne veut rien comprendre) à la liberté de l’électorat du centre, même étendue aux électorats de centre droit et de centre gauche. Voyons donc ce qui devrait se passer dans la transition du premier au second tour de l’élection présidentielle, le printemps prochain.

Première hypothèse : Bayrou n’est pas au second tour

Dans cette hypothèse, Bayrou aura fait un score composé de plusieurs tranches, examinons seulement celles qui se rapportent aux spéculations évoquées plus haut : une tranche de centre droit, une de centre dur, une de centre gauche.

Comme il l’a annoncé, Bayrou fera le choix de s’allier avec l’un ou l’autre des impétrants s’il est lui-même absent du second tour. Le critère de cette alliance est connu : la bonne gouvernance, le rétablissement des comptes publics, la proportionnelle, la sanctuarisation des moyens de l’Éducation nationale, etc. Dans ce cas, la plus grand probabilité est que, comme, en 2007, chacun retourne chez soi au deuxième tour, le centre gauche à gauche et le centre droit à droite. Il ne peut y avoir qu’une hypothèse que l’une ou l’autre tranche se maintienne sur l’alliance de Bayrou, ce serait que Bayrou impose au président élu la constitution d’une majorité centrale qui déborde la frontière des camps. En vérité, c’est possible, et cela pourrait affecter le report des voix d’un camp, non pas vers l’autre, mais vers cette perspective centrale. On voit qu’on est loin de la transformation de voix d’un camp dans l’autre. Mais si la formule d’alliance ne va pas jusque-là (càd si Bayrou ne fait pas un score assez puissant pour amener ses partenaires à résipiscence), Bayrou, dans son alliance, amènera avec lui son score d’étiage (7% environ) augmenté de ceux des électeurs du centre droit ou du centre gauche selon son alliance d’alors. Si l’on considère que 7% est supérieur à l’écart que Sarkozy a eu sur Royal au second tour en 2007 (6 points), on comprend pourquoi Bayrou est tellement courtisé. Selon le mot fait l’autre jour par Jamel Debbouze, il est alors l’arbitre du match.

Dans une certaine mesure, on voit bien que, d’un côté ou de l’autre, Bayrou joue sur une forme de velours pour occuper la fonction de premier ministre du gouvernement qui succédera à la prochaine élection présidentielle, quel que soit le président s’il n’est pas lui. Il est en situation d’imposer à l’un ou l’autre associé possible de second tour la création d’une majorité centrale à cheval sur la frontière droite-gauche. En poussant un peu loin cette supposition provocante, je dirais que, d’une certaine façon, l’élection présidentielle vise donc à doser les efforts futurs à l’intérieur du cadre contraignant imposé par Bayrou (et surtout par la clairvoyance de l’électorat centriste). Mais n’allons pas trop vite.

Quoi qu’il en soit, il reste évident que c’est le candidat qui concédera le plus à la vertu budgétaire et à la proportionnelle exigées par Bayrou, et qui se rapprochera le plus de la majorité centrale, qui obtiendra l’alliance. Il n’y a donc pas, encore une fois, de transformation de voix d’un camp en voix de l’autre. L’électorat centriste est souverain, se détermine par lui-même et personne ne transformera ses voix en quoi que ce soit, ce sera aux candidats de se montrer perspicaces et crédibles dans leurs engagements pour convaincre les électorats centristes d’aller dans un sens ou l’autre. Bayrou est probablement maître seulement de l’électorat de centre dur, sur lequel il a non pas autorité, mais magistère, crédibilité.

Pour ma part, je me considère dans la frange la plus centriste, et, si je ne peux pas envisager de voter pour Sarkozy et sa folie xénophobe, je ne peux pas l’envisager non plus pour Hollande, le PS est un parti trop sulfureux. Seule la majorité centrale me décidera au second tour.

Mais de toutes façons, il y a une autre hypothèse.

Seconde hypothèse : Bayrou est au second tour

Dans ce cas de figure, l’électorat de centre dur sera rejoint par une affluence d’électeurs des autres centres, et d’ailleurs, de plus loin parfois, ainsi que d’électeurs non polarisés qui lui donneront mission de rétablir le pays par une majorité centrale. Si cela arrive, la première raison pourrait en être le dévissage de l’un des deux principaux candidats actuels.

Ce n’est dire du mal de personne que d’envisager que la crédibilité des candidats de l’UMP et du PS s’effondre soudainement.

Il peut apparaître, par exemple, en cours de campagne, que Sarkozy n’ait aucune chance d’être réélu, que son équation politique s’avère insoluble. Alors, une partie de son électorat cherchera un substitut, qui ne pourrait être que Bayrou, candidat de moindre mal dans cette hypothèse, opposé à Hollande dans un second tour serré. De la même façon, le programme ridicule de Hollande et l’inexpérience du candidat socialiste peuvent faire que, malgré ses autres qualités et l’énergie du PS, il n’apparaisse pas capable de mener efficacement la bataille du second tour. L’électorat de gauche ne peut pas ne pas envisager, lui aussi, l’hypothèse d’une candidature de moindre mal, Bayrou n’est pas un homme de gauche, cela ne fait pas de doute, mais en sanctuarisant par exemple l’Éducation nationale et en protégeant l’État de l’appétit des prédateurs, il sauvera certains trésors auxquels la base de gauche reste attachée.

Vous allez me dire : comment Bayrou gouvernera-t-il ? Sur quelle majorité fantôme s’appuiera-t-il ? Eh bien, la réponse est simple : Bayrou a assez d’amis dans les deux camps (et dans le sien) pour s’assurer une majorité pour sa politique économique de redressement du pays, une majorité centrale et composite. Cette majorité aura la grande qualité de ne pas se montrer godillot, et s’il est évident qu’elle se donnera le contrat d’adopter les mesures budgétaires et financières nécessaires au redressement, la représentation nationale sera, pour le reste, libre de ses choix, et le travail parlementaire en sera restauré et grandi.

C’est d’ailleurs cette perspective qui peut susciter ce que Bayrou a envisagé récemment : une dynamique en sa faveur, une vague, venue du fond de la société française, qui le porte à la tête de l’État pour faire accoucher le monde politique de cette majorité de courage et de liberté.

Pour ma part, je crois que je serai assez heureux de ce succès que j’attends depuis trente ans pour me détacher de l’affiliation politique et pour me consacrer entièrement à l’histoire et à l’écriture, qui sont mes priorités personnelles, à moins que l’on ne me propose finalement un poste dans un cabinet ministériel. Je ne pourrais pas le refuser pour deux raisons, la première est que je suis particulièrement fauché et que cela me rétablirait, la seconde est que c’est l’une des rares expériences qui me manquent dans mon exploration du monde politique commencée dans l’adolescence, voici justement trente ans. Ce serait par exemple l’occasion de tweeter pour la première fois (en respectant la déontologie de la fonction) en détail l’activité d’un membre de cabinet, mais encore faut-il qu’on m’y voie une utilité, et je crois plutôt à l’hypothèse que je puisse enfin me consacrer à l’histoire et à l’écriture, avec la satisfaction d’avoir contribué à aiguiller mon pays vers son rétablissement et vers sa prospérité.

Retrouvez l’article d’Hervé Torchet, directement sur son site, en cliquant ici.

Bayrou et la mauvaise foi inébranlable de la gauchosphère

12:05 dans Non classé par Modérateur

Clique, ça me plaît bien comme mot. J’aime bien. Tiens, ça me rappelle un autre souvenir : au temps de la splendeur des newsgroups et de Usenet, il était de bon temps d’entrer sur le forum consacré à l’évolution des hiérarchies Usenet-fr en saluant les divers interlocuteurs d’un tonitruant « Salut, la meute ! »

C’était la fête au Béarnais, aujourd’hui, au sein de la clique (constituée à 95% de blogues de gauche) : on faisait semblant de ne pas comprendre le projet économique de Bayrou, ou alors, à défaut, on le déformait.

Voyons : chez l’Nicolas, par exemple, on s’évertuait à démontrer que la retraite par points était le cheval de Troie de la retraite par capitalisation. Ah ? Que l’on me cite un seul pays dont un système de retraite par points ou comptes notionels qui aurait fait de la capitalisation la pierre angulaire de leur financement ! J’attends…

Mtislav, avec un aplomb extraordinaire, associait, en commentaires, dans un même panier le projet de plan de François et la planification soviétique. J’avoue qu’il m’en bouchait un coin, sur ce coup-là. Trop fort ! Il faut dire qu’à gauche on tente de nous rejouer la grande comédie un peu éculée de 2007 en expliquant à qui veut l’entendre que le centre, c’est au fond à droite. A défaut, on espère juste y voir une opportunité de piquer des voix à Sarko. Et ce n’est pas grave si l’évidence des dernières années montre la vacuité et la mauvaise foi crasse de telles déclarations…

Mtislav entonnait ensuite le traditionnel couplet de gauche sur les vilaines agences de notation de mèche avec les promoteurs de la retraite par répartition. Il fallait oser, mais il l’avait fait…Au fait, quand il a de la fièvre, il jette le thermomètre à la poubelle ?

L’Nicolas n’était pas en reste en assurant que Bayrou allait s’attaquer aux 35 heures : bien que Bayrou n’ait jamais été favorable à cette mesure, il vient justement aujourd’hui même de se distinguer nettement d’Hervé Morin qui veut faire travailler 37 heures payées 35, justement parce qu’il estime qu’encore une fois, ce seraient les salariés qui trinqueraient. « je me suis planté en beauté et du coup je m’excuse » ça se dit « mea maxima culpa » en latin.

Chez Variae, on renvoyait dos à dos Bayrou et Mélenchon. Moi, je n’aurais qu’une seule question à poser au camarade Romain, que je crois social-démocrate : préfère-t-il vivre sous un régime mélenchono-marxiste ou gouverné par une coalition de sociaux-libéraux, de chrétien-démocrates et de libéraux (je parle des libéraux centristes, pas des furieux) ? Qu’il réponde honnêtement à cette question, et qu’il me dise après s’il persiste à renvoyer dos-à-dos Mélenchon et Bayrou…

Bon, j’aurais bien parlé de la dextrosphère, mais comme elle n’existe pas…difficile ! et puis les gens de droite parlent assez peu de Bayrou sur la Toile. De toutes façons, quand on voit que Sarkozy en est encore à inviter cette vieille ruine décatie de Le Meur à l’Élysée, on voit bien qu’il n’a rien compris à l’évolution des réseaux sociaux au fil des dernières années…

Retrouvez l’article de l’Hérétique, directement sur son site, en cliquant ici.

Qui a dit qu’il n’avait pas de proposition

16:27 dans Non classé par Cedric Augustin

Dans cet interview donné aux journalistes de la Tribune, François Bayrou dresse un bilan plutôt anxiogène à propos de l’Europe et de la situation économique, mais conclu en faisant des propositions:

L’interview de François Bayrou par la rédaction de La Tribune, à propos de l’Europe et de son projet économique

En substance:

Des changements institutionnels et surtout de pratiques institutionnelles de l’Europe: Il faudra un vrai président pour l’Europe, élu au suffrage universel, ou, dans un premier temps, élu par un congrès représentant à parité les parlements nationaux et européen.

Inventer un mécanisme de coresponsabilité, notamment sur les sujets économique et budgétaire, entre les Etats membres de la zone euro et les institutions de celle-ci.

Nous avons gardé le sommet de la pyramide de production, mais nous en avons perdu la base. Il faut un plan pour se remettre à produire en France, dans tous les domaines, agricole, industriel, culturel, numérique, de services. J’en viendrais volontiers à repenser un Commissariat au Plan, un lieu où tous les acteurs concernés seraient appelés à se retrouver pour définir une stratégie nationale de soutien à la production. Il faut reprendre et stabiliser notre droit du travail, inadapté, trop complexe et trop changeant

TVA sociale ? Je crois au contraire de mes amis que la question du coût du travail n’est pas la plus fondamentale, et heureusement, s’agissant de la créativité du pays

Sur les plus de mille milliards de dépense publique, on doit économiser 50 milliards (c’est à peine 5 %), ventilés en 20 milliards pour l’Etat, 20 milliards pour la Sécurité Sociale et 10 milliards pour les collectivités locales. S’agissant de l’IRPP, porter à 45% l’actuelle tranche à 41% et ajouter une nouvelle tranche à 50%. Augmenter le taux de TVA normal de deux points. Les niches fiscales où de 20 à 25% d’économies peuvent être trouvées.

L’impôt sur la fortune ? Attribuer au patrimoine, hors outil de production, un revenu théorique annuel, par exemple de 0,5%, et l’introduire dans le revenu imposable de l’IRPP.

La réforme des retraites est à faire, l’actuelle n’est en réalité pas financée et ne règle rien à long terme. Je souhaite aller vers un régime par points, individualisé, à droits acquis reconnus.

  • Nucléaire ? La première menace, c’est celle du réchauffement de la planète par l’émission de gaz à effet de serre. Je considère le nucléaire comme une bonne énergie de transition entre la situation actuelle et l’énergie la plus décarbonée possible dans trente, quarante, cinquante ans. Il faut donc organiser un débat national autour du « mix » énergétique.Hadopi ? Je n’ai jamais cru à Hadopi. L’idée d’une licence globale, qui dégage une ressource chargée de compenser le manque à gagner des créateurs, a toujours eu ma préférence. Cela se fera aussi pour le cinéma.

 

Retrouvez l’article de Cédric Augustin en cliquant ici.

A quoi sert la candidature de Hervé Morin ?

12:42 dans Non classé par Modérateur

En annonçant officiellement, ce dimanche 27 novembre 2011, sa candidature à l’élection présidentielle, Hervé Morin, président du micro-parti Nouveau Centre (NC), relance une étrange question française : à quoi sert le centre ? Question dérisoire, direz-vous, en ces temps de crises et d’inquiétude généralisées.

Le sujet centriste a le mérite de nous détendre et de nous rappeler un peu d’histoire.

Après avoir vu Jean-Louis Borloo taquiner le calendrier électoral, puis décevoir ses amis radicaux, et même venir à la télévision pour ne rien dire ce dimanche soir (!!), demandons-nous à quoi peut bien servir le candidat Hervé Morin, postulant à la course à l’Elysée, déclaré « au cœur de ma Normandie natale ».

D’abord, Hervé Morin offre une carte postale médiatique à un petit coin de France sympathique : Berville-sur-Mer. Vive la Normandie ! Un coup de pub gratuit, en période de disette budgétaire des collectivités locales, c’est toujours ça de pris.

Avec ce bol d’air normand, la chance sourira-t-elle à l’ancien ministre de la Défense ? Le soldat Morin sait que son « engagement est audacieux ». Voilà un premier point utile à la réflexion : la vanité d’un centriste soi-disant nouveau n’empêche pas sa lucidité. Mais tout candidat politique sait bien que le manque d’audace est, pour ainsi dire, une faute professionnelle.

Pour progresser dans la compréhension du phénomène présidentiable Morin, notons un deuxième point utile : le conseiller général de l’Eure, auteur de « Arrêtez de mépriser les Français » avance quelques idées. Dans une campagne électorale, ça aide. Que dit l’élu normand ? Qu’il faut faire grimper la TVA de 4 points, passer la durée légale du travail à 37 heures sans augmentation de salaire, rendre inéligible tout élu qui aurait des problèmes avec la justice…

Le troisième point est peut-être le plus utile pour décoder la position du personnage : Hervé Morin souhaite « reprendre le flambeau historique de l’UDF ». Tout s’éclaire ! Hervé Morin n’est donc pas candidat à la présidentielle. Il rêve de refonder cette ancienne fédération hétéroclite qui fut peuplée majoritairement de notables, souvent sympathiques, toujours fiers d’eux-mêmes, mais pas assez audacieux pour faire de l’ombre au très organisé grand frère RPR. A la belle époque des alliances droitières, il arrivait régulièrement qu’un candidat de l’UDF qualifié devant un RPR au second tour d’une élection législative se désistât pour laisser place à la « vraie droite ».

François Bayrou, rappelons-le, a permis de dépoussiérer cette vieille machinerie en affirmant l’indépendance du centre et en encaissant les coups venus de tous les bords. Morin a quitté Bayrou après la fondation du Mouvement Démocrate, objet politique inclassable sur l’échiquier classique, porteur de nouveauté et d’engagements rajeunis.

Le Nouveau Centre présidé par Hervé Morin est voué à disparaître ; Hervé Morin est candidat d’un parti disparu. C’est ridicule.

Retrouvez l’article sur le blog de l’eurocitoyen en cliquant ici.

Quinzaine des droits de l’enfant: les inégalités croissantes

12:34 dans Non classé par Modérateur

Ce sont ainsi deux millions d’enfants qui sont en danger sanitaire, social et scolaire. C’est ce que dénonçait il y a un an Dominique Versini (notre photo), ex Défenseure des enfants dans son rapport. L’ancienne secrétaire d’état chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion de 2002 à 2004, est venue librement parler de ses fonctions aux universités de rentrée du MoDem en septembre 2011. Retrouvez son intervention ici

Cette année, la fonction de Défenseur des enfants, institution créée à l’unanimité en 2000 a disparu, englobée dans une nouvelle instance à la vocation plus généraliste, le défenseur des droits. Dans son rapport publié le 15 novembre 2010, le dernier en tant que Défenseure des enfants Dominique Versini, a dénoncé cette orientation en soulignant combien le maintien de cette mission aurait été essentiel. Son rapport évoque la précarité des plus jeunes : les conséquences très néfastes sur leur santé ou leur parcours scolaire d’une vie d’errance marquée par les difficultés financières et d’accès aux logements.

Les inégalités qui frappent les deux millions d’enfants qui vivent dans des foyers dont les revenus sont inférieurs à 950 euros par mois (seuil de pauvreté) s’observent notamment dans le domaine de la santé. Dominique Versini fustige ainsi les « inégalités croissantes dans l’accès aux soins » et assure qu’une médecine à deux vitesses est en train de se créer. Les difficultés s’observent dès la naissance avec une « insuffisante mobilisation au niveau de la périnatalité, alors qu’il y a une « survulnérabilité » des familles à ce moment là », juge le rapport.

Mais surtout la pauvreté expose à un défaut chronique de prise en charge. Pointant du doigt les ratés de la couverture médicale universelle (CMU), elle souligne qu’un nombre croissant d’enfants victimes de la pauvreté sont de plus en plus exclusivement pris en charge par les « urgences hospitalières, ce qui crée une discontinuité dans leurs parcours de soins ».

Les symptômes de cet accès inégal et inefficace aux soins seraient entre autres à lire dans un « risque de surpoids » multiplié par trois chez les enfants et les adolescents vivant dans la précarité. Face à cette situation, l’ex défenseure des enfants appelle à la mise en place d’un « plan santé enfant et adolescent », qui permettrait de limiter l’incidence de la pauvreté sur le suivi et le bien être des plus jeunes.

Ces enfants pauvres cumulent toutes les difficultés et handicaps: difficultés de logement, parcours scolaire chaotique, inégalités devant la santé. Pire, selon Dominique Versini, certains indicateurs montrent une dégradation. À titre d’exemple, les grossesses de jeunes adolescentes sont en hausse (15 000 avortements par an concernent des mineures) ; dans un autre domaine, elle signale que les performances à l’école ont baissé, ces dernières années, en lecture et en mathématiques par rapport aux autres pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Des constats alarmants pourtant des moyens ont été mobilisés et plusieurs textes votés: loi contre l’exclusion en 1998, loi de cohésion sociale en 2005, loi de protection de l’enfance et loi sur le droit au logement opposable (loi Dalo) en 2007… « On investit plus d’argent que nos voisins européens » dans ces domaines – près de 70 milliards d’euros, d’après son rapport –, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous, a-t-elle déploré. Le tableau est particulièrement noir en matière de santé.

Avec un nombre croissant de « médecins refusant les personnes ayant la CMU », « les familles se replient sur les urgences hospitalières », note l’ancienne défenseure, avec pour conséquence « une discontinuité dans les parcours de soins des enfants », traités seulement lors d’épisodes aigus. De même, elle observe « un risque d’obésité » démultiplié, avec deux fois plus de jeunes ayant un problème de surpoids en zone d’éducation prioritaire (ZEP), où l’on constate aussi que 16 % des enfants ont des caries non soignées.

« Les familles pauvres ont très peur de voir leurs enfants placés et ont tendance à fuir les institutions », explique Dominique Versini en regrettant, au passage, que le nombre de placements pour cause de précarité soit trop important en France.

Son rapport égrène d’autres constats alarmants : manque cruel de logement sociaux rendant inapplicable la loi sur le droit au logement opposable (Dalo); doublement des expulsions ces dix dernières années (30 000 à 40 000 familles seraient concernées chaque année); 150 000 jeunes sortant du système scolaire sans qualification tous les ans…

Absence d’un ministère de la famille : pour expliquer ces mauvais résultats, Dominique Versini met pour partie en cause l’actuel pouvoir, en s’étonnant d’ailleurs de l’absence, dans le gouvernement, d’un ministère de la famille. Elle s’est montrée très sévère sur la non-application de certains textes, des erreurs de priorités, voire une approche en contradiction avec les droits élémentaires des enfants. En particulier ceux concernés par la politique d’immigration. « Le durcissement de (cette) politique a rendu leur situation plus difficile, c’est une des grandes observations de mon mandat », a regretté l’ex défenseure stigmatisant le « placement » des enfants en centre de rétention avec leurs parents, les entraves au regroupement familial, la situation des Roms…

Elle s’est aussi insurgée contre la suppression des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire, plaidant a contrario pour une approche « positive » du problème. « Il existe des dispositifs expérimentaux où l’enfant est entouré, pris en charge en réseau, avec sa famille. Voilà ce qui marche ! », a-t-elle insisté. Enfin, elle a relevé l’échec d’un des objectifs affichés par le chef de l’État lorsqu’il a été élu : réduire d’un tiers la pauvreté en cinq ans. On en est loin, a-t-elle expliqué en substance.

Autant d’arguments, selon Dominique Versini, qui plaidait en faveur du maintien du défenseur des enfants « en tant qu’institution indépendante, visible et accessible ». Parce que, dit-elle, « les enfants ne sont pas des citoyens comme les autres » et que « nous intervenons en dernier recours pour trouver des solutions aux cas les plus complexes ». Ses équipes ont démêlé la situation de 3 000 enfants en 2010

L’expression « inégailités croissantes » a aussi été utilisée par François Bayrou dans livre Abus de pouvoir paru en 2009, pour expliquer que un des buts non avoués de la politique de Nicolas Sarkozy était de créer une politique qui favorise les hauts revenus, qui, selon Sarkozy,  sont le moteurs de l’économie. Ce rapport, vient corroborer l’analyse de François Bayrou.

source: http://eulogos.blogactiv.eu

Retrouvez l’article sur le blog du MoDem Issy-les-Mouluneaux en cliquant ici.