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L’arme de destruction massive de Nicolas Sarkozy : leçon de choses sur la rhétorique

Parlons de la rhétorique de nos chers politiciens. Et maître parmi les maîtres, débutons notre revue par le tenant du titre, j’ai nommé Nicolas Sarkozy.

La conférence de presse du G20 du mois de juin avec Angela Merkel a accouché d’un tour de force, passé relativement inaperçu. Pourtant, la réponse du Président à un journaliste du Monde relève d’un artifice verbal des plus brillants de sa, déjà, longue carrière :

http://www.dailymotion.com/video/xjj0o7

Décortiquons le phénomène :

Tout d’abord, il part d’un argument de logique des plus implacables : 1 contre 40.000. Anne Lauvergeon seule face à 40.000 employés ! Quelle que soit la nature de la comparaison, le différentiel chiffré engendre un tel déséquilibre qu’il est largement suffisant pour convaincre. Aussi la sentence qui suit est implacable : « la crédibilité de la filière nucléaire française ne se réduit pas à l’action d’une personne quelle qu’elle soit« .

Mais le plus fort reste à venir.

Le journaliste du Monde pose une question sur la direction d’Areva. Nicolas Sarkozy fait lui une comparaison entre l’entreprise Areva et la rédaction du Monde. Et file même sa comparaison en expliquant que le changement de direction du Monde ne changerait pas pour autant la crédibilité des journalistes.

Arrive alors la question rhétorique assassine : « Dois-je comprendre, d’après votre question que c’est tout le travail des journalistes qui est mis en cause parce qu’on change de directeur ? » : Jamais le journaliste n’a pourtant affirmé pareille chose ! Incroyable tour de force : Nicolas Sarkozy fait dire à son contradicteur un argument qu’il n’a jamais dit.

Par un syllogisme implicite, il sous-entend que si le journaliste estime que le départ d’Anne Lauvergeon changeait quoi que ce soit à Areva, il en serait de même si on changeait la Direction du Monde à propos de la ligne éditoriale. Ce que, encore une fois, le journaliste n’a jamais dit ! Nicolas Sarkozy ne se contente pas de faire une analogie.

Il la produit et l’attribue à son contradicteur pour mieux lui rétorquer que l’argument est donc fallacieux. Le tout lors d’une conférence de presse, devant le monde entier, à un moment où le journaliste ne pourra pas répondre ! Ecoutez bien les crépitements des photographes au moment où il échafaude sa stratégie, comme pour mieux saisir l’extase qui envahit son visage, comme s’il était conscient que sa rhétorique allait faire mouche, sans coup férir :

http://www.dailymotion.com/video/xjj0rd

Pourquoi une telle hargne ? Tout simplement parce que Môssieur le Président n’a pas supporté l’insolence de la question. Comment un journaliste français, du Monde de surcroît, dont la renommée dépasse largement les frontières, a-t-il osé résister à l’allégeance naturelle due à sa fonction ? Oser remettre en question les propos rassurants de Nicolas Sarkozy sur la crédibilité du nucléaire français ? Vous n’y pensez pas.

L’approche fut taxée au prix fort, d’un soufflet qui laisse une trace indélébile sur la joue. Ne l’oubliez jamais, journalistes, opposants, ou simples débatteurs : au moment d’affronter Nicolas Sarkozy, il faut être préparé, et reconnaître au quart de tour les tours de passe-passe rhétorique de Nicolas Sarkozy… Au risque de ne pas s’en relever.

Retrouvez cet article directement sur le blog d’Yves Delahaie en cliquant ici

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